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La BAD passe au scanner la croissance au Maroc

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La Banque Africaine de développement (BAD), vient de livrer son rapport sur «le diagnostic de la croissance au Maroc». Le document, préparé en collaboration avec la primature et le Millenium Challenge Corporation, traduit la volonté du pays de disposer d’une étude sur «les principales contraintes qui empêchent la croissance d’être forte, durable et inclusive», est-il indiqué. Ce qui permettra «d’ajuster les politiques économiques et introduire les réformes nécessaires à la levée ou à l’allègement de ces difficultés».

Abdelilah Benkirane, le premier ministre marocain et Donald Kaberuka, le Président de la BAD

Abdelilah Benkirane, le premier ministre marocain et Donald Kaberuka, le Président de la BAD

La Banque Africaine de développement (BAD), a rendu son étude sur «le diagnostic de la croissance au Maroc». Présenté par le président de la BAD, Donald Kaberuka, en visite au Maroc, le rapport s’est basé sur «une analyse systémique des facteurs de production et des conditions du climat des affaires, pour identifier les obstacles à l’investissement privé». Le Maroc est la première destination des prêts de la BAD, dont le président le Dr. Donald Kaberuka s’en félicite d’ailleurs, surtout que les investissements vont en priorité dans les projets d’infrastructures. Un domaine auquel l’institution panafricaine consacre le plus gros de ses financements. Son Fonds Africa 50, qui sera basé sur la place financière casablancaise, Casablanca Finance City (CFC), en est l’illustration. Doté d’un capital initial de 3 milliards d’euros, dont 500 millions seront injectés par la BAD, le Fonds Africa50 se fixe pour objectif d’accompagner le développement des infrastructures en Afrique, maillon faible de l’économie du contient. Le Maroc marque le même intérêt pour les infrastructures, avec quelque 25 milliards de dirhams, soit 2,32 milliards d’euros, investis par la BAD, dont 70 % vont aux infrastructures. Il était donc normal que le gouvernement lui commande un « Diagnostic de croissance ». Cette étude relève les contraintes qui entravent une croissance plus soutenue, en mesure d’impulser la mutation structurelle de l’économie. Ceci, en prévision notamment du 2ème programme américain, le Millenium Challenge Corporation (MCC). Ce qui explique la présence de l’ambassadeur des Etats Unis à Rabat, Dwight Bush aux côtés du chef du gouvernement Abdelilah Benkirane et du Dr. Donald Kaberuka lors de la présentation de ce rapport.

Contenu de l’étude

Les rédacteurs de cette étude se sont basés sur la méthodologie de diagnostic proposée par Hausmann, Rodrik et Velasco, qui met l’accent sur les défis auxquels font face les Etats. Cela concerne trois aspects : les capacités de mise en œuvre des réformes et des investissements, l’espace politique et les ressources financières. Les conclusions pointent une série d’erreurs de choix en termes de promotion de certains secteurs par rapport à d’autres. Ce qui explique le «paradoxe du modèle économique marocain qui affiche des taux d’investissement parmi les plus élevés du monde, avec près de 31,7% du PIB, mais qui réalise une croissance inférieure au résultat escompté». Concrètement, les rédacteurs de ce document avancent que «les investissements qui devraient accélérer la croissance sont concentrés dans des branches qui créent peu de valeur ajoutée en raison du fort contenu en importations technologiques». Est-ce une erreur de miser sur des secteurs qui ne favorisent pas la relance d’une croissance inclusive? C’est du moins ce qui ressort de ce rapport qui pointe notamment les filières automobile, aéronautique et électronique. Ceci est étonnant, surtout face aux conclusions des différents rapports des organisations internationales ou des cabinets de conseil, qui mettaient l’accent sur la dynamique insufflée à l’économie marocaine par ces filières, baptisées Métiers mondiaux du Maroc (MMM). Paradoxalement, c’est dans des secteurs traditionnels comme le textile ou l’agriculture où les investisseurs réalisent de bons rendements, avec respectivement 191% et 130%. Parallèlement, ce diagnostic pointe également «l’absence de transformation structurelle de l’économie et sa faible industrialisation». Pis, «les chaînes de valeur sont peu développées et le processus d’innovation ralenti», note le rapport. Cette étude a également mis l’accent sur les dysfonctionnements du tissu des entreprises, «peu dynamique». Celui-ci est aussi marqué par une faiblesse du nombre des PME, qui «présentent la plus grande innovation dans d’autres pays». Or, cela ne sert pas les objectifs du pays en termes de développement et de lutte contre la pauvreté. Car, «seule une plus forte croissance, tirée par le secteur privé sera à même d’y faire face», fait-on savoir. D’où la nécessité de contourner une série de contraintes, identifiées dans ce diagnostic, qui freinent la dynamique de développement. Il s’agit notamment de la faiblesse du capital humain. «Bien que ce rapport souligne de nombreuses faiblesses, je n’ai aucun doute sur les opportunités qu’offre le Maroc, notamment pour les investisseurs américains», a déclaré Dwight Bush, ambassadeur des Etats-Unis au Maroc. De son côté, Donald Kaberuka, président du Groupe de la Banque africaine de développement, a salué les réformes entreprises par le gouvernement les qualifiant de «difficiles mais essentielles». «Il ne s’agit pas seulement d’enregistrer un bon taux de croissance, il faut que celle-ci soit inclusive, soutenue, irréversible et durable», a-t-il conclu.

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