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Le Sénégal veut éviter le scénario du défaut. Mardi 1er septembre, Dakar a dévoilé les contours d’un programme de sauvetage négocié avec le Fonds monétaire international (FMI), qui devrait ouvrir la voie à la restructuration de près de 5 milliards de dollars d’eurobonds. Mais pas question, du moins à ce stade, de fermer le robinet des remboursements.

En négociant avec le FMI la restructuration de près de 5 milliards de dollars d’eurobonds, Dakar ouvre une voie encore inédite parmi les pays engagés dans le Cadre commun du G20. Contrairement à la Zambie, au Ghana ou à l’Éthiopie, le Sénégal veut continuer à payer ses créanciers pendant les discussions. Un pari destiné à préserver la confiance des marchés, mais qui pourrait mettre à rude épreuve le dispositif international de restructuration de la dette.

Les experts du FMI saluent l’engagement continu des autorités ainsi que leur volonté de remédier aux vulnérabilités budgétaires, en poursuivant des réformes visant à renforcer la gestion des finances publiques, la gouvernance budgétaire et la transparence. Entre les lignes, l’Institution de Bretton-Woods est satisfaite du réalisme et de la flexibilité des autorités sénégalaises qui laissent toutes les options ouvertes pour le traitement de la dette, y compris la restructuration.

Au terme d’une très attendue mission à Dakar dont l’objet était d’évaluer la situation économique du pays et poursuivre les échanges avec le gouvernement sur l’explosif dossier de la dette, une équipe d’experts du FMI conduite par Mercedes Vera Martin, a publié un communiqué lundi 22 juin. Derrière un langage diplomatique et lissé, se cachent quelques messages subliminaux.   

«Notre principal enseignement des réunions de printemps est que les choses avancent plus lentement que nous ne le pensions», affirme Stuart Culverhouse, économiste en chef au cabinet-conseil Tellimer, cité par l’agence Reuters.

Les discussions entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) lors des récentes assemblées générales des institutions de Bretton-Woods la semaine dernière à Washington, ont été présentées comme «une étape supplémentaire des efforts de Dakar pour conclure un nouveau programme de prêts.» La réalité est probablement loin de cet enthousiasme car, selon les experts présents à Washington, les positions de deux parties restent très éloignées sur l’explosive question de la restructuration de la dette sénégalaise, sans laquelle le FMI ne pourra pas envisager une nouvelle ligne de financement pour Dakar.