Le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) sont parvenus à un accord au niveau des services sur un nouveau programme de 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), d’un montant d’environ 2,2 milliards de dollars, a annoncé l’institution mardi.

Conclu à l’issue d’une mission menée à Dakar du 19 août au 1er septembre sous la direction de la cheffe de mission Mercedes Vera Martin, cet accord doit encore recevoir le feu vert de la direction et du Conseil d’administration du Fonds. Il marque une étape décisive dans la normalisation des relations entre Dakar et le bailleur de Washington, deux ans après la suspension du précédent programme dans la foulée de l’affaire de la dette cachée, évaluée à quelque 7 milliards de dollars.
Un soutien conditionné par la transparence des comptes publics
L’accord ne signifie pas un déblocage immédiat des financements. Le FMI subordonne son approbation à la mise en œuvre de mesures correctrices liées au précédent cas de communication d’informations erronées sur les finances publiques, ainsi qu’à l’obtention, par Dakar, d’assurances de financement de la part de ses partenaires. Le montant envisagé correspond à 1 537,1 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), soit environ 475 % de la quote-part du Sénégal auprès de l’institution.
La stratégie présentée par les autorités repose sur une mobilisation accrue des recettes intérieures, une meilleure maîtrise des dépenses publiques et un renforcement de la gestion de la dette, avec notamment un suivi resserré des arriérés intérieurs et des entreprises publiques. Une stratégie de recettes à moyen terme doit être adoptée en 2027. Parallèlement, le gouvernement s’engage à muscler les mécanismes de protection sociale, via des transferts monétaires ciblés, pour éviter que l’assainissement budgétaire ne pèse sur les ménages les plus vulnérables. Autre point majeur : Dakar a annoncé son intention de solliciter un traitement de sa dette afin d’en rétablir la viabilité.
Le défi du pétrole : des recettes à convertir en croissance partagée
L’accord intervient sur fond de paradoxe économique. Le pays a enregistré une croissance réelle de 6,7 % en 2025, portée par sa première année complète de production pétrolière, tandis que l’inflation restait contenue à 1,4 %. Mais cette performance masque une économie hors hydrocarbures moins florissante : la croissance du PIB non pétrolier et gazier a ralenti à 2,2 % en 2025, avant de rebondir à 4,7 % au premier trimestre 2026, portée par la consommation privée.
L’enjeu, pour le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye, sera donc double : remettre durablement de l’ordre dans les finances publiques tout en transformant le boom des hydrocarbures en une croissance plus solide et inclusive. Le nouveau programme devrait en outre servir de catalyseur pour mobiliser des financements complémentaires auprès de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement (BAD) et d’autres partenaires au développement. Son approbation par le Conseil d’administration du FMI constituera le prochain test de la confiance retrouvée entre Dakar et ses bailleurs.





Sénégal





