Au terme d’une très attendue mission à Dakar dont l’objet était d’évaluer la situation économique du pays et poursuivre les échanges avec le gouvernement sur l’explosif dossier de la dette, une équipe d’experts du FMI conduite par Mercedes Vera Martin, a publié un communiqué lundi 22 juin. Derrière un langage diplomatique et lissé, se cachent quelques messages subliminaux.
Les experts du FMI saluent l’engagement continu des autorités ainsi que leur volonté de remédier aux vulnérabilités budgétaires, en poursuivant des réformes visant à renforcer la gestion des finances publiques, la gouvernance budgétaire et la transparence. Entre les lignes, l’Institution de Bretton-Woods est satisfaite du réalisme et de la flexibilité des autorités sénégalaises qui laissent toutes les options ouvertes pour le traitement de la dette, y compris la restructuration.
La mission du Fonds salue au passage les réformes institutionnelles visant à unifier les fonctions de gestion de la dette, considérée comme «une mesure corrective essentielle dans le processus de régularisation de la fameuse «dette cachée.» Les experts du FMI font allusion à la création d’une Direction générale dédiée à la gestion de la dette publique.
Sur le plan macroéconomique, la mission du Fonds relève que «l’économie sénégalaise a fait preuve de résilience, même si elle est confrontée à une situation difficile dans un contexte mondial éprouvant.» En gros, la météo s’améliore mais le moindre avis de tempête peut tout remettre en cause. La croissance du PIB réel a atteint 6,7 % en 2025, portée par le dynamisme du secteur des hydrocarbures. Le déficit du compte courant s’est réduit, sous l’effet de revenus des exportations du pétrole et de la compression des importations.
Les vulnérabilités budgétaires liées à la dette restent élevées
Autre point que salue le FMI, la réduction du déficit budgétaire. Il est passé de 13,4 % du PIB en 2024 à 6,4 % du PIB en 2025, principalement grâce à la rationalisation des dépenses, mais les vulnérabilités budgétaires et liées à la dette demeurent élevées, tempère le Fonds qui pense sans doute à son ordonnance de la suppression des subventions de carburants, et d’orienter ces dépenses vers les ménages les plus pauvres.
Les perspectives à court terme sont soumises à des risques élevés, préviennent les experts du Fonds monétaire international. La hausse des cours du pétrole depuis le début de la guerre au Moyen-Orient (ndlr : des cours en repli depuis une semaine mais qui ne sont pas encore revenus au niveau d’avant-guerre) devrait exercer une pression supplémentaire sur les finances publiques cette année, compte tenu du coût budgétaire des subventions non ciblées. Dans un contexte de vulnérabilités élevées liées à la dette, l’accentuation de l’incertitude mondiale et le durcissement des conditions financières pourraient aggraver davantage les pressions de financement.
Selon la mission du FMI, le gouvernement a réitéré son intérêt pour un nouveau programme soutenu par le Fonds. Les services du FMI continueront de dialoguer avec les autorités sur leurs politiques et priorités de réforme susceptibles d’être appuyées par un accord avec le Fonds. Il s’agit entre autres, «des mesures visant à soutenir la consolidation budgétaire et à réduire les vulnérabilités liées à la dette, à renforcer la gestion de la dette, à améliorer la gouvernance publique et à promouvoir une croissance durable et inclusive. »





Sénégal




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