La Tunisie dispose d’un fonds de fonds de 100 millions d’euros et a déjà développé plusieurs véhicules d’investissement. Pourtant, les données disponibles montrent une concentration persistante du financement pour les startups dans le Grand Tunis. Décryptage.
La concentration géographique du capital-risque tunisien reste forte durant cette année 2026. Alors que le pays dispose d’un fonds de fonds de 100 millions d’euros et de plusieurs dispositifs publics dédiés aux startups, la grande majorité des levées continue de se réaliser dans le Grand Tunis.
Selon les données citées par StartupActu dans sa rédaction du 24 septembre, 80,5 % des levées de fonds réalisées par les startups tunisiennes restent concentrées dans le Grand Tunis. La donnée illustre la difficulté pour les entreprises installées dans les autres régions du pays d’accéder aux mêmes réseaux de financement et d’accompagnement.
Cette concentration s’inscrit dans un paysage économique lui-même marqué par une forte présence des infrastructures financières sur le littoral. Une étude de l’Institut tunisien des études stratégiques citée par StartupActu indique que 67 % des agences bancaires se trouvent sur le littoral, principalement dans le Grand Tunis et le Centre-Est.
La CDC relance son roadshow régional
Pour réduire cette concentration, la Caisse des Dépôts et Consignations tunisienne a décidé de relancer à la fin du mois de septembre son roadshow consacré au financement des startups et PME innovantes. La deuxième édition doit passer par Le Kef, Monastir, Gafsa et Zarzis jusqu’au 23 octobre, après une première édition organisée en 2025 à Bizerte, Kairouan, Sfax et Gabès.
Les rencontres doivent présenter aux entrepreneurs les différents mécanismes de financement disponibles et rapprocher les acteurs du capital des écosystèmes régionaux.
ANAVA vise 100 millions d’euros
La Tunisie dispose déjà d’une infrastructure publique importante avec ANAVA, son fonds de fonds dédié aux startups. Le véhicule vise une taille de 100 millions d’euros et doit investir dans plus de 13 fonds spécialisés dans les différentes étapes de développement des startups.
Selon les données publiées, ANAVA avait engagé 45 millions d’euros dans dix fonds à la fin septembre 2026, avec un objectif d’au moins treize fonds. La CDC indique également que ses programmes cherchent à renforcer la présence des incubateurs et accélérateurs dans les régions de l’intérieur et à faciliter l’accès des startups et PME innovantes au financement.
Le défi dépasse les levées de fonds
Une startup implantée hors de Tunis doit généralement accéder à plusieurs ressources simultanément : financement, accompagnement, talents, clients et réseaux professionnels. La concentration du capital reflète donc aussi la concentration d’une partie de ces ressources.
La stratégie régionale de la CDC cherche à déplacer une partie de cette infrastructure vers les régions, mais les résultats devront encore être mesurés dans les prochaines années.





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