Lancé le 28 janvier 2026 à la Bourse de Londres, l’Africa Tech 50 (AT50) dresse pour la première fois le palmarès des cinquante entreprises technologiques privées africaines les plus mûres pour une entrée en Bourse. Conçu par Indexa Exchange Group, ce benchmark trimestriel entend transformer la « preuve privée » des startups africaines en « signal public » lisible par les investisseurs institutionnels du monde entier.

Du haut du classement aux premières marches, la hiérarchie de l’AT50 reflète la domination écrasante de la fintech sur le continent : sur les cinquante entreprises retenues, vingt-six évoluent dans les services financiers numériques, loin devant l’e-commerce (cinq), la santé (quatre) et la mobilité (quatre). Aux avant-postes, les licornes qui ont fait la gloire de l’écosystème : Flutterwave, Moniepoint et TymeBank, figures de proue d’une génération qui a levé des milliards de dollars ces dix dernières années sans jamais trouver la porte de sortie des marchés publics.
Un référentiel taillé sur mesure
Contrairement aux classements purement médiatiques, l’AT50 repose sur un cadre composite à six piliers : dynamique de valorisation, solidité des revenus, visibilité de liquidité, maturité de gouvernance, expansion stratégique et signal de marché. Sa gouvernance est alignée sur les principes de l’OICV (IOSCO), le standard international des indices financiers, avec un comité de méthodologie indépendant. La sélection est révisée chaque trimestre. L’indice a démarré à 1 369 points le jour de son lancement londonien.
« L’Afrique n’a pas un problème d’innovation, mais un déficit d’infrastructure de marché »
C’est en substance la conviction de Gbite Oduneye, président de l’AT50. « Lancer à la Bourse de Londres était délibéré : c’est un lieu mondial de standards, et cela signale ce que nous construisons — africain dans sa direction, aligné sur les normes globales », explique-t-il. L’objectif affiché : offrir aux capitaux longs internationaux — capitaux permanents ou ressources durables — un point de repère crédible pour évaluer la préparation, la gouvernance et la discipline de divulgation des entreprises du continent.
Chari, au milieu des géants, tire son épingle du jeu
Sur les cinquante entreprises de l’AT50, réparties dans onze pays, le Maroc ne compte qu’une seule représentante : Chari, mais elle a du poids. La fintech casablancaise, cofondée par Ismael Belkhayat, figure dans l’indice aux côtés de seize entreprises nigérianes, onze sud-africaines, neuf égyptiennes et sept kényanes. Et la startup ne s’y contente pas d’un rôle de figurante : en avril 2026, Chari a été l’un des trois principaux contributeurs à la progression hebdomadaire de l’indice, portée par le lancement de son compte digital pour les PME au Maroc — une contribution de + 0,19 point, soit 22 % du mouvement de la semaine, selon le bulletin hebdomadaire d’Indexa.
« …nous voulons que le prochain arrêt de cette tournée soit la Bourse de Casablanca»

« C’est une fierté pour Chari, et surtout pour le Maroc. Être une startup marocaine dans l’indice lancé à la Bourse de Londres, c’est la preuve que notre écosystème technologique peut rivaliser avec les meilleurs du continent. Nous construisons depuis Casablanca une infrastructure financière qui sert des dizaines de milliers de commerçants, et nous voulons que le prochain arrêt de cette tournée soit la Bourse de Casablanca », déclare Ismael Belkhayat, cofondateur et CEO de Chari. Un souhait déjà partiellement entendu : après son lancement à Londres, l’AT50 a entamé une tournée des grandes places africaines — activation à la Bourse de Johannesburg le 15 juillet 2026, puis « AT50 Cairo Market Open » le 22 septembre 2026 à la Bourse égyptienne, où Belkhayat lui-même a participé à la sonnerie de cloche d’ouverture et aux échanges avec régulateurs et investisseurs.
Vers une IPO africaine à Londres ?
L’enjeu dépasse le symbolique. Depuis 2019, plus de vingt startups africaines — MNT-Halan, Wave, M-KOPA parmi elles — ont levé des tours de financement records sans s’être encore introduites en Bourse. « Si une entreprise entre dans l’AT50, elle est potentiellement sur la voie pour lever des capitaux sur le marché privé de la Bourse de Londres », résume Sir John Lazar, président de la Royal Academy of Engineering. Le vœu est clair : voir bientôt une licorne africaine — et pourquoi pas marocaine, sénégalaise, algérienne ou ougandaise — sonner l’ouverture des cotations à Londres.
Classement : Liste officielle des 50 entreprises AT50 — Indexa

AT50
L’AT50 (Africa Tech 50) est un indice trimestriel publié par Indexa Exchange Group. Il suit les 50 entreprises technologiques privées africaines les plus avancées sur la voie d’une introduction en Bourse. Il a été lancé le 28 janvier 2026 au London Stock Exchange, puis activé au Johannesburg Stock Exchange le 15 juillet 2026. Son comité de gouvernance est présidé par Gbite Oduneye.





Royaume Uni

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