- Page 3

L’Allemagne, avec son réarmement massif, sa souveraineté industrielle et son rôle central dans l’aide militaire et financière à l’Ukraine, s’affirme comme le pivot de l’Europe continentale. Sa position géographique, démographique et économique, associée à une proximité stratégique et culturelle avec les États-Unis d’Amérique, lui permet de combler le vide laissé par un Royaume-Uni sorti de l’Union européenne et par une France dont l’impéritie stratégique et économique a laissé le pays désarmé face aux enjeux du nouveau millénaire, au risque d’un jugement sévère de l’histoire.

La guerre en Ukraine et la recomposition mondiale des puissances mettent l’Europe face à une vérité incontournable : la puissance ne se décrète pas, elle se structure et se défend. Comme le soulignait Pierre-Marie Gallois, pionnier de la réflexion stratégique française, la France ne peut se contenter de ressources militaires et diplomatiques : elles doivent être traduites en vision et en action politique.

Lire la suite
Le franc CFA est devenu, au fil des années, bien plus qu’un instrument monétaire. Il est un symbole, parfois un exutoire, souvent un raccourci commode pour expliquer des difficultés profondes. À chaque crise politique ou sécuritaire, il revient au centre du débat, présenté tantôt comme un carcan, tantôt comme un vestige colonial à abattre pour accéder enfin au développement.  

Le débat sur le franc CFA ressurgit régulièrement dans l’espace public africain, souvent chargé de symboles et de passions. Pourtant, la souveraineté économique ne se décrète pas par une rupture monétaire. Elle se construit dans le temps long, par des institutions solides, des capacités productives réelles et des coopérations choisies. À l’heure où le continent explore de nouvelles architectures financières, l’idée d’une francophonie financière africaine mérite d’être posée avec lucidité.

Lire la suite
Ce modèle, pensé comme émancipateur pour la métropole, a été exporté dans les colonies, contribuant à former des élites locales tout en maintenant une dépendance politique et culturelle.

  La République et l’école : un universalisme sélectif Au XIXᵉ siècle, l’école républicaine a été un instrument majeur de diffusion de l’universalisme français, mais de manière sélective et hiérarchisée. Cette période montre comment l’école façonne les esprits tout en limitant l’accès aux savoirs essentiels. Jules Ferry et ses contemporains ont façonné un projet éducatif qui enseignait le français mais restreignait l’accès à l’histoire, à la géographie et à l’esprit critique. Comme Ferry, Père fondateur de l’identité républicaine, le déclarait en 1881 : «gardons-les (à l’école) jusqu’à l’âge de 14 ans, c’est assez, bien assez puisque nous ne voulons leur rendre familiers nos beaux programmes d’enseignement primaire, que nous ne voulons leur apprendre ni beaucoup d’histoire, ni beaucoup de géographie, mais seulement le français, le français avant tout, le français et rien d’autre.»

Lire la suite
Dans sa lettre à la jeunesse sénégalaise, Sall rappelle que chaque citoyen est «une espérance, une étoile qui brille.» Ce message, qui parle à la jeunesse francophone des cinq continents, traduit sa volonté d’associer société civile et nouvelles générations aux dynamiques de l’OIF – condition essentielle pour renouveler et rendre pertinente l’action de l’organisation. Le retrait annoncé du Mali, du Niger et du Burkina Faso en mars 2025 a révélé les tensions politiques et diplomatiques croissantes avec certains pays membres. Cette rupture interroge le rôle, les limites et l’avenir d’une OIF confrontée à un monde multipolaire, plus concurrentiel et traversé par des fractures internes et régionales.

La candidature d’Amadou Lamine Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) retient l’attention bien au-delà des cercles littéraires. Lauréat du Prix du Rayonnement de la langue et de la littérature française et héritier intellectuel de Léopold Sédar Senghor, il incarne l’ambition d’une francophonie qui se veut à la fois culturelle et humaine

Lire la suite
Le défi des cultures Le pape Benoît XVI, nous rappelle que «Le signe d’une haute culture est son ouverture, sa capacité à donner et à recevoir, sa capacité à se développer, à se laisser purifier et à devenir plus conforme à la vérité de l’homme.»

Territoire éloigné mais stratégique, La Réunion incarne les tensions du XXIe siècle : dépendance énergétique, vulnérabilité climatique, absence de vision nationale.
Et si l’île devenait le point d’ancrage d’une stratégie francophone, écologique et géopolitique, dans l’océan Indien ?

Lire la suite
Dans cet entretien accordé a AFRIMAG, Lova Rinel Rajaoarinelina éclaire sur le renoncement de l’Afrique du Sud à l’arme nucléaire durant les années 1990, pour des raisons objectives et stratégiques, alors qu’elle aurait pu garder cette arme de dissuasion. Quant à l’Ukraine, en renonçant à ses armes nucléaires, elle croyait en la puissance du droit international et la qualité de la signature des puissances mondiales.

Juriste de formation, Lova Rinel Rajaoarinelina a travaillé plusieurs années à Madagascar auprès du Président de la République, notamment sur les enjeux énergétiques mais également sur l’industrie et les secteurs régaliens comme la défense et la sécurité. Forte de cette expérience, elle rejoint le Compréhensive Test Ban Treaty Organisation (CTBTO) puis la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS), et se spécialise sur les enjeux géopolitiques de l’énergie et de la dissuasion nucléaire. Elle est l’auteure de plusieurs publications sur ces sujets. En France, elle est aujourd’hui membre du collège de la Commission de régulation de l’énergie. Dans cet entretien accordé a AFRIMAG, Lova Rinel Rajaoarinelina éclaire sur le renoncement de l’Afrique du Sud à l’arme nucléaire durant les années 1990, pour des raisons objectives et stratégiques, alors qu’elle aurait pu garder cette arme de dissuasion. Quant à l’Ukraine, en renonçant à ses armes nucléaires, elle croyait en la puissance du droit international et la qualité de la signature des puissances mondiales. Or, il n’en fut rien avec le délitement des valeurs qui ont contribué relativement à la paix ces 80 dernières années. Un entretien instructif !

Lire la suite
Alexandru-Victor Andrei : Je suis directeur du Carrefour des Acteurs Sociaux - pôle énergie. Le CAS qui est un cercle de réflexion promouvant l'offre énergétique française en Europe et à l'international. Notre mission : fédérer les acteurs clés du secteur, organiser des événements et favoriser les coopérations pour un avenir énergétique durable. Nous mettons en avant les compétences françaises dans l'énergie via divers événements et opportunités de coopération. Parmi nos réalisations : conférences avec des dirigeants renommés comme MM. Bernard Fontana (PDG d'EDF) et François Gauché (Framatome Healthcare), collaborations avec Framatome Space, le CNES et ArianeEspace sur le nucléaire spatial, ainsi que des webinaires réguliers avec des spécialistes. Le CAS coopère avec institutions académiques, entreprises énergétiques et organisations internationales pour renforcer son impact et promouvoir l'offre française à l'international.

Statisticien, responsable de la division statistique électricité et gaz au ministère de l’Aménagement du territoire, de la Transition écologique (MTES France), enseignant à l’Université Paris Dauphine. Dans cet entretien, Alexandru-Victor Andre apporte force argumentaire en faveur de l’énergie nucléaire civile pour le développement de l’Afrique

Lire la suite
Les acteurs du secteur des ressources naturelles, notamment l'agriculture, ressentent ces effets de manière différenciée, selon le genre. Il est de plus en plus reconnu que les femmes sont particulièrement vulnérables, car elles représentent une part importante des populations pauvres et dépendent davantage des ressources naturelles menacées. Les disparités de genre se manifestent dans les rôles, les responsabilités, la prise de décision, l'accès à la terre et aux ressources, ainsi que dans les opportunités. À l'échelle mondiale, les femmes ont un accès limité aux ressources essentielles, telles que la terre, le crédit, les intrants agricoles naturels, les instances de décision, la technologie, la formation et les services de vulgarisation, ce qui entrave leur capacité à s'adapter aux changements climatiques. 

Au XVIe siècle, sous le règne du roi de France, Henri IV le Grand, son Surintendant des finances, le Duc de Sully, dans l’ouvrage «Les Œconomies royales,» évoque la France d’alors «Labourage et pâturage sont les deux mamelles dont la France est alimentée, les vraies mines et trésors du Pérou.» Cette citation fait un parallèle extraordinaire quand 65% des terres arables non cultivées dans le monde se trouvent en Afrique. 

Lire la suite