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De Ninive à l’ère contemporaine, la concentration de richesse a toujours structuré pouvoir et vulnérabilité. Ninive – puissante capitale de l’Empire assyrien située dans l’actuel nord de l’Irak, sur la rive du Tigre face à Mossoul – tirait sa puissance du commerce, de la conquête et de la centralisation ; ses routes reliaient la Mésopotamie (actuel Irak), la Méditerranée et l’Anatolie (actuelle Turquie). Ses palais, jardins et infrastructures témoignaient du génie civil et technique de l’époque, illustrant comment la maîtrise industrielle et artistique pouvait soutenir la puissance d’une civilisation. Les sources bibliques racontent que cette ville a pu se réorienter vers le bien commun, offrant une métaphore intemporelle : la richesse, sans orientation guidée par la sagesse, est fragile et peut se retourner contre ceux qui la détiennent

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À la suite de ma tribune du 12 février sur AFRIMAG, qui appelait la Francophonie à un souffle concret pour l’Afrique et le monde, et maintenant que la candidature de Mme Juliana Amato Lumumba, figure diplomatique de la République Démocratique du Congo, au poste de Secrétaire général de l’OIF est connue, il est crucial de réfléchir à la manière dont cette organisation internationale peut transformer ses valeurs en projets tangibles, tout en favorisant la contribution de chaque continent

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L’élection du prochain Secrétaire général de la Francophonie se tiendra en novembre, lors du XXᵉSommet au Cambodge. À cette échéance, il ne suffira pas de s’opposer au mandat prolongé de l’actuelle Secrétaire générale. La question dépassera le simple choix d’un nom : il s’agira de déterminer quelle orientation concrète et mobilisatrice pourrait guider l’institution dans les années à venir.

Alors que l’élection du prochain Secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie se tiendra en novembre prochain au Cambodge pour un vingtième sommet, le débat ne pourra se limiter à une opposition de personnes ou de principes. À l’heure où la République Démocratique du Congo entend présenter un candidat, la question centrale sera celle d’un programme concret, enraciné dans le réel, capable de redonner à la Francophonie sa vitalité politique, culturelle et humaine, au bénéfice de ses peuples sur les cinq continents

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La diplomatie religieuse s’impose progressivement comme un levier incontournable des relations internationales contemporaines. Dans un monde traversé par des crises multiples — géopolitiques, sociales, environnementales et symboliques — les acteurs religieux demeurent des forces structurantes des sociétés. Ils façonnent les imaginaires collectifs, influencent les comportements sociaux et participent, souvent de manière décisive, à la médiation des conflits et à la cohésion nationale.

Dans un monde globalisé où crises et tensions se multiplient, la religion demeure un acteur social et politique incontournable. Pourtant, la francophonie n’a pas encore pleinement exploré le potentiel stratégique de la diplomatie religieuse. Cette tribune plaide pour un usage réfléchi, pluraliste et structuré de ce levier, capable de renforcer la cohésion sociale, la paix et la gouvernance éthique à l’échelle mondiale.

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Francophonie et Afrique : construire ensemble un pouvoir d’attraction inclusif Face à ces puissances émergentes et consolidées, la France et les pays africains francophones se trouvent confrontés à une question décisive : la France est-elle disposée à repenser collectivement son influence culturelle, en s’appuyant sur les dynamiques propres à chaque société et la diversité des langues et cultures africaines ?  

Dans le monde contemporain, les rapports de puissance ne se mesurent plus uniquement à l’aune de la force militaire ou économique. On distingue traditionnellement deux formes de puissance : le pouvoir de contrainte — ou hard power — qui s’exerce par la force, les sanctions ou la pression directe, et le pouvoir d’attraction — ou soft power — qui consiste à convaincre, séduire et influencer durablement grâce à la culture, aux idées et aux valeurs. Le pouvoir de contrainte, s’il reste nécessaire dans certaines crises, montre aujourd’hui ses limites, tant sur le plan économique que diplomatique et social. À l’inverse,…

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L’Allemagne, avec son réarmement massif, sa souveraineté industrielle et son rôle central dans l’aide militaire et financière à l’Ukraine, s’affirme comme le pivot de l’Europe continentale. Sa position géographique, démographique et économique, associée à une proximité stratégique et culturelle avec les États-Unis d’Amérique, lui permet de combler le vide laissé par un Royaume-Uni sorti de l’Union européenne et par une France dont l’impéritie stratégique et économique a laissé le pays désarmé face aux enjeux du nouveau millénaire, au risque d’un jugement sévère de l’histoire.

La guerre en Ukraine et la recomposition mondiale des puissances mettent l’Europe face à une vérité incontournable : la puissance ne se décrète pas, elle se structure et se défend. Comme le soulignait Pierre-Marie Gallois, pionnier de la réflexion stratégique française, la France ne peut se contenter de ressources militaires et diplomatiques : elles doivent être traduites en vision et en action politique.

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Le franc CFA est devenu, au fil des années, bien plus qu’un instrument monétaire. Il est un symbole, parfois un exutoire, souvent un raccourci commode pour expliquer des difficultés profondes. À chaque crise politique ou sécuritaire, il revient au centre du débat, présenté tantôt comme un carcan, tantôt comme un vestige colonial à abattre pour accéder enfin au développement.  

Le débat sur le franc CFA ressurgit régulièrement dans l’espace public africain, souvent chargé de symboles et de passions. Pourtant, la souveraineté économique ne se décrète pas par une rupture monétaire. Elle se construit dans le temps long, par des institutions solides, des capacités productives réelles et des coopérations choisies. À l’heure où le continent explore de nouvelles architectures financières, l’idée d’une francophonie financière africaine mérite d’être posée avec lucidité.

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Ce modèle, pensé comme émancipateur pour la métropole, a été exporté dans les colonies, contribuant à former des élites locales tout en maintenant une dépendance politique et culturelle.

  La République et l’école : un universalisme sélectif Au XIXᵉ siècle, l’école républicaine a été un instrument majeur de diffusion de l’universalisme français, mais de manière sélective et hiérarchisée. Cette période montre comment l’école façonne les esprits tout en limitant l’accès aux savoirs essentiels. Jules Ferry et ses contemporains ont façonné un projet éducatif qui enseignait le français mais restreignait l’accès à l’histoire, à la géographie et à l’esprit critique. Comme Ferry, Père fondateur de l’identité républicaine, le déclarait en 1881 : «gardons-les (à l’école) jusqu’à l’âge de 14 ans, c’est assez, bien assez puisque nous ne voulons leur rendre familiers nos beaux programmes d’enseignement primaire, que nous ne voulons leur apprendre ni beaucoup d’histoire, ni beaucoup de géographie, mais seulement le français, le français avant tout, le français et rien d’autre.»

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Dans sa lettre à la jeunesse sénégalaise, Sall rappelle que chaque citoyen est «une espérance, une étoile qui brille.» Ce message, qui parle à la jeunesse francophone des cinq continents, traduit sa volonté d’associer société civile et nouvelles générations aux dynamiques de l’OIF – condition essentielle pour renouveler et rendre pertinente l’action de l’organisation. Le retrait annoncé du Mali, du Niger et du Burkina Faso en mars 2025 a révélé les tensions politiques et diplomatiques croissantes avec certains pays membres. Cette rupture interroge le rôle, les limites et l’avenir d’une OIF confrontée à un monde multipolaire, plus concurrentiel et traversé par des fractures internes et régionales.

La candidature d’Amadou Lamine Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) retient l’attention bien au-delà des cercles littéraires. Lauréat du Prix du Rayonnement de la langue et de la littérature française et héritier intellectuel de Léopold Sédar Senghor, il incarne l’ambition d’une francophonie qui se veut à la fois culturelle et humaine

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