Le taux de créances en souffrance dans les banques de la Cemac — les six pays de l’Afrique centrale ayant en commun l’usage du franc CFA (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et RCA) — a décroché de deux points sur un an pour s’établir à 15,4 % des crédits bruts à fin juin 2026, contre 17,4 % un an plus tôt.
Cette baisse traduit une amélioration de la qualité du portefeuille de crédits des établissements bancaires de la sous-région, indique le rapport de Politique monétaire publié par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) mercredi 30 septembre.
Une baisse à double lecture
L’évolution enregistrée ne signifie pas nécessairement que le montant nominal des créances en souffrance a diminué. Elle peut être due à un effet mécanique : le ratio mesure leur poids dans l’ensemble des crédits bruts et peut donc reculer si les crédits décaissés progressent plus rapidement que les créances dégradées. La Banque centrale ne précise pas le montant de ces créances à fin juin 2026.
Selon la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), les créances en souffrance regroupent les créances immobilisées, les créances impayées et les créances douteuses.
« Les créances immobilisées sont des créances échues depuis plus de trois mois, mais dont le recouvrement final, sans être compromis, ne peut être effectué immédiatement. Les créances impayées sont des sommes non payées à l’échéance normale. Les créances douteuses sont des concours de toute nature, même assortis de garantie, qui présentent un risque probable de non-recouvrement total ou partiel », détaille le régulateur bancaire.
Ces créances obligent notamment les banques à constituer des provisions en fonction du niveau de risque de non-recouvrement. Une dégradation du portefeuille peut ainsi peser sur leurs résultats et, selon son ampleur, sur leurs fonds propres et leurs ratios prudentiels. À fin 2024, la Commission bancaire de la Cemac évaluait l’encours des créances en souffrance à 2 024 milliards de FCFA, soit 16,2 % des crédits bruts. Le maintien de ce ratio à des niveaux élevés fait des créances en souffrance l’un des principaux indicateurs suivis pour apprécier la qualité des actifs bancaires dans la sous-région.
Facteurs structurels et conjoncturels
Dans ses analyses sur la dégradation de la qualité des portefeuilles bancaires, la BEAC distingue des facteurs conjoncturels et structurels. Sur le plan structurel, la Banque centrale relève des insuffisances dans les dispositifs de gestion des risques et une concentration des efforts sur le développement commercial au détriment, dans certains cas, d’une analyse suffisamment rigoureuse du risque de crédit.
La course au chiffre fait des gros dégâts dans les bilans des banques.
Sur le plan conjoncturel, la BEAC cite la fragilisation des équilibres budgétaires des États et les ralentissements de l’activité économique. L’accumulation d’arriérés de paiement publics peut notamment affecter la trésorerie des entreprises créancières de l’État et, par ricochet, leur capacité à honorer leurs échéances auprès des banques.











