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Le bureau de l’Association des banques centrales africaines (ABCA) a tenu, jeudi 7 mai 2026 à Dakar, sa première réunion de l’année au siège de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Cette rencontre stratégique a permis aux gouverneurs d’évaluer l’état d’avancement des décisions prises lors du Conseil des gouverneurs du 28 novembre 2025 à Yaoundé.

Réunis dans la capitale sénégalaise, les gouverneurs des banques centrales africaines ont relancé les grands chantiers de l’intégration financière du continent. Au cœur des échanges : convergence macroéconomique, stabilité bancaire, paiements panafricains et mise en place de l’Institut monétaire africain, considéré comme l’antichambre de la future Banque centrale africaine.

Au terme de sa première session ordinaire de l’année tenue jeudi 2 avril, le Comité de Politique monétaire de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC) a en définitive décidé de maintenir inchangés ses principaux taux directeurs et de refinancement des banques ainsi que ses outils de pilotage de la masse monétaire. Ainsi, le taux d'intérêt des appels d'offres est maintenu à 4,75%, le taux de la facilité de prêt marginal à 6,25%, le taux de la facilité de dépôt à 0%. Par ailleurs, les coefficients des réserves obligatoires que les grandes banques centrales n’appliquent plus, reste à 7% sur les exigibilités à vue, et à 4,5% sur les exigibilités à terme.

La crise est telle, que les réserves de change du pays ont également fondu pour se retrouver en dessous de zéro mois d’importations des biens et services à fin septembre 2025, révèle la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) dans son dernier rapport sur la politique monétaire. Ce qui signifie que pour financer ses importations, le Gabon ayant consommé sa quote-part dans la cagnotte commune des six pays de la Cemac (Cameroun, Gabon, Guinée équatoriale, République Centrafricaine, Tchad et Congo-Brazzaville), Libreville compte sur la solidarité de ses partenaires.

Le ministre des Finances gabonais, Henri-Claude Oyima, n’aura pas eu le temps de fêter le passage au nouvel an. Son patron, le Président Brice Oligui Nguema l’a limogé jeudi 1er janvier, alors que le pays est aux prises avec une pénurie sans précédent de liquidités et une accumulation des arriérés du Trésor envers ses fournisseurs et les adjudicataires des marchés publics.

Le franc CFA est devenu, au fil des années, bien plus qu’un instrument monétaire. Il est un symbole, parfois un exutoire, souvent un raccourci commode pour expliquer des difficultés profondes. À chaque crise politique ou sécuritaire, il revient au centre du débat, présenté tantôt comme un carcan, tantôt comme un vestige colonial à abattre pour accéder enfin au développement.  

Le débat sur le franc CFA ressurgit régulièrement dans l’espace public africain, souvent chargé de symboles et de passions. Pourtant, la souveraineté économique ne se décrète pas par une rupture monétaire. Elle se construit dans le temps long, par des institutions solides, des capacités productives réelles et des coopérations choisies. À l’heure où le continent explore de nouvelles architectures financières, l’idée d’une francophonie financière africaine mérite d’être posée avec lucidité.