Les difficultés d’approvisionnement en carburant perturbent les réseaux de télécommunications au Congo, où les opérateurs doivent composer avec une desserte électrique insuffisante, indique l’agence Ecofin dans une dépêche du mercredi 28 octobre 2026.
Cette situation révèle la vulnérabilité des infrastructures numériques dans ce pays producteur d’hydrocarbures. Signe de la gravité du problème, c’est de l’Autorité de Régulation des Postes et des Communications Électroniques (ARPCE) qu’est venue l’alerte dans un communiqué au ton alarmant publié mardi 27 octobre. Elle y fait état « de perturbations affectant les réseaux sur le territoire national » et constate que les consommateurs sont confrontés à une indisponibilité partielle ou totale des services de voix, d’Internet et de Mobile Money, ainsi qu’à une dégradation de la qualité de service.
Délestages récurrents
Dans son communiqué, l’Autorité de régulation explique que les opérateurs font face à des contraintes liées à la disponibilité du réseau électrique pour assurer la continuité de leurs services. Les groupes électrogènes, qui constituent leur plan B pour faire fonctionner les antennes relais, ne peuvent compenser pleinement les insuffisances de l’alimentation électrique car il n’y a pas assez de gasoil sur le marché.
Selon le régulateur télécoms, l’alimentation électrique est en moyenne de neuf heures par jour. Les batteries de secours sont dotées de six heures d’autonomie au maximum, souligne-t-elle. Cette autonomie est bien insuffisante lorsque les coupures se prolongent et que les groupes électrogènes manquent de carburant, comme c’est le cas actuellement.
Selon les informations communiquées à l’Autorité de régulation, Helios Towers, la société concessionnaire qui gère le parc d’antennes relais de télécoms, a besoin de 100 000 litres de gasoil par semaine pour alimenter les groupes électrogènes qui assurent le fonctionnement des 550 antennes sur l’ensemble du territoire congolais.
L’ARPCE rappelle que la situation a déjà été portée à la connaissance de la Primature et qu’elle travaille avec la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) afin d’optimiser l’approvisionnement en carburant et de garantir ainsi la continuité des services. Cependant, cette réponse d’urgence ne règle pas le problème de la dépendance des infrastructures télécoms au gasoil. Les perturbations actuelles soulèvent la question de la diversification des sources d’énergie.
La Banque mondiale recommande le recours aux énergies renouvelables et aux mesures d’efficacité énergétique dans les réseaux de télécommunications. Son guide Green Telecommunications: Policies and Practices for More Sustainable Networks présente l’alimentation solaire des sites télécoms parmi « les solutions permettant de réduire les coûts énergétiques et d’améliorer la fiabilité des services ».
Pour sa part, la Société financière internationale (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale, suggère l’adoption du modèle des entreprises spécialisées dans la fourniture d’énergie aux opérateurs télécoms. Ces sociétés prennent en charge l’installation, l’exploitation et la maintenance de systèmes énergétiques, souvent hybrides, associant panneaux solaires, batteries et groupes électrogènes.





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