Le 15 septembre dernier, le gouvernement ivoirien et la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI) ont réuni les chefs d’entreprise afin de mobiliser le secteur privé sur les opportunités d’investissement du Programme national de développement (PND) dans le domaine numérique. Parmi les chantiers en cours figure la digitalisation de l’administration, l’un des grands projets portés par le Président Alassane Ouattara.
Le chef de l’État y voit une double opportunité pour le pays : améliorer la qualité des services publics ivoiriens et positionner la Côte d’Ivoire comme un hub numérique régional.
Un cap clair : 700 services publics numérisés à l’horizon 2029
Les lignes directrices de cette réforme des services publics se précisent. Début septembre, le gouvernement a fixé un objectif précis : 700 services publics numérisés d’ici 2029. L’Exécutif souhaite d’abord développer un portefeuille prioritaire de 100 services, dont une soixantaine a déjà été identifiée. Cette administration « zéro papier » reposera sur deux grands principes : une identité numérique unique pour chaque usager, afin d’éviter les doubles démarches, et des plateformes interconnectées pour fluidifier les échanges entre ministères.
La numérisation des services publics est une volonté présidentielle de longue date. La Banque mondiale est engagée sur ce front depuis 2019, année de la signature du projet PAGDS, dont le premier volet a été clôturé en juin 2026. Ce projet, financé à hauteur de 195 millions USD, a permis le déploiement de 23 plateformes numériques, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Dès la cérémonie de clôture, la Banque a renouvelé le PAGDS pour une seconde phase, preuve de la confiance des bailleurs et du dynamisme ivoirien sur ces sujets.
Des résultats tangibles pour les usagers
La digitalisation profite directement aux populations : entre 2020 et 2024, 8,4 millions d’Ivoiriens ont été impactés positivement par ces réformes. Le secteur hospitalier, par exemple, a déjà été largement digitalisé via le Programme d’accélération et de passage à l’échelle de la digitalisation (PAPE). Il a permis le déploiement du Système d’information hospitalier (SIH) et du Dossier patient informatisé (DPI) dans 268 établissements de santé, dont 9 hôpitaux nationaux sur 15. Il a aussi mené au développement de Santé CIV, une application mobile de suivi destinée au grand public. Ces nouveautés permettent un suivi rigoureux et personnalisé de chaque patient.
Pour l’administration ivoirienne, cette stratégie « zéro papier » représente un gain de temps, de qualité administrative mais aussi des économies conséquentes. Le projet PAGDS avait par exemple permis une économie annuelle de 15 millions USD grâce à la mise en place d’une identification biométrique dans les établissements scolaires. Ce sont autant de fonds que le Président souhaite réinvestir dans d’autres projets : accès à l’eau, à l’électricité, ou encore soutien aux entreprises dans les secteurs stratégiques.
Une opportunité économique pour le secteur privé
Le secteur privé a été associé de près à ces projets de digitalisation. Le Président Ouattara entend ainsi développer de nouveaux champions ivoiriens dans le secteur de la tech et renforcer la souveraineté numérique du pays, un enjeu clé à l’ère de l’intelligence artificielle. Cette forte volonté politique s’est matérialisée par des programmes d’accompagnement technique et financier comme le programme Ivoire Tech Scale Up, qui soutiendra quinze PME ivoiriennes sur 24 mois. La plateforme en ligne Ivoire Gov Tech Lab permet déjà à l’ensemble des entreprises nationales d’accéder aux marchés publics dans le secteur digital.
En plus de ces nouvelles opportunités de marché, chiffrées à 15 milliards FCFA pour les services publics en ligne, la digitalisation de l’administration a des retombées économiques concrètes sur le pays et les entreprises. Le déploiement du système interconnecté de gestion des marchandises en transit au sein de l’administration douanière ivoirienne et de la CEDEAO a permis de fluidifier les échanges commerciaux avec la sous-région. Sur le corridor Abidjan-Lagos, les temps de passage à certains postes frontières ont déjà été divisés par deux.





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