Le 23 octobre 2026, l’ONECI de Côte d’Ivoire a présenté une plateforme permettant de demander et d’obtenir des actes d’état civil, trois semaines après le lancement d’une étude sur la création d’un dispositif national d’authentification numérique. Ces deux dispositifs doivent simplifier les démarches administratives et renforcer la lutte contre la fraude documentaire et l’usurpation d’identité. Ces initiatives s’inscrivent dans l’objectif du gouvernement de dématérialiser les services publics et de parvenir à une administration « zéro papier » d’ici 2030.
La numérisation des services publics ivoiriens s’accompagne d’un enjeu central : sécuriser l’identification des usagers. Le 23 octobre 2026, l’Office national de l’état civil et de l’identification (ONECI) a présenté à Yamoussoukro sa plateforme numérique de demande et d’obtention des actes d’état civil. Destinée aux officiers et agents d’état civil des mairies, cette initiative vise à faciliter les démarches administratives et à renforcer la lutte contre la fraude documentaire.
Sécuriser l’état civil, fiabiliser l’identification numérique
Selon le directeur général de l’ONECI, Ago Christian Kodia, cette « innovation » doit renforcer la sécurité des documents d’état civil et faciliter la vérification de leur authenticité. Intégrée au dispositif du Registre national des personnes physiques (RNPP), la plateforme permet aux citoyens, après authentification sécurisée, d’accéder à leurs informations d’état civil et d’obtenir des extraits d’actes de naissance protégés par un certificat électronique. Déjà déployée dans l’ensemble des centres concernés du pays, cette nouvelle plateforme doit réduire les formalités et les déplacements des usagers, tout en favorisant la collecte automatisée des événements d’état civil.
En parallèle, le ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique a lancé, le 5 octobre 2026, une étude de faisabilité pour développer une plateforme nationale d’authentification et un portefeuille d’identité numérique. L’objectif est de permettre aux usagers de justifier leur identité en ligne de manière sécurisée, en limitant les données personnelles transmises et en facilitant l’accès à plusieurs services publics sans authentification répétée.
Vers une administration dématérialisée en 2030
Ces deux projets s’inscrivent dans l’objectif, fixé par le gouvernement le 9 septembre 2026, de parvenir à une administration « zéro papier » d’ici à 2030. Plusieurs ministères proposent déjà des services dématérialisés, des démarches administratives à la fiscalité, en passant par la justice, la santé, la protection sociale, la gestion des entreprises et le foncier. Leur déploiement reste toutefois inégal, tout comme leur maturité technique et leur interopérabilité.
L’exécutif entend faire évoluer un paysage numérique fragmenté vers un système intégré, un véritable « gouvernement numérique ». Celui-ci articulerait les outils existants et de nouvelles plateformes au sein d’une infrastructure globale : il permettrait de fluidifier les parcours administratifs, tout en renforçant la conformité et la sécurité.
Les autorités ont recensé 620 services à numériser, dont 59 considérés comme prioritaires. Le gouvernement prévoit d’achever la numérisation de dix d’entre eux d’ici à la fin de 2026. Parmi ces « réalisations rapides » (quick wins) figurent l’authentification des diplômes, la preuve de vie numérique des retraités, le dossier patient informatisé et la boîte postale numérique.
À l’horizon 2030, le gouvernement prévoit de coordonner 700 services numériques en tout, au sein d’un système intégré. La plateforme d’authentification et le portefeuille d’identité numérique doivent permettre aux usagers de naviguer de l’un à l’autre sans renouveler leur identification.
La Côte d’Ivoire réduit son retard numérique
Abidjan reste encore en retrait par rapport aux pays africains les plus avancés dans la numérisation des services publics. L’indice de développement de l’administration en ligne (EGDI) des Nations unies repose sur trois composantes : les services publics en ligne, le capital humain et les infrastructures de télécommunications. Dans son édition 2024, il attribuait à la Côte d’Ivoire un score de 0,5587, classé dans la catégorie des pays à niveau de développement « élevé ». Le rapport soulignait néanmoins la nécessité de mieux intégrer les services publics en ligne.
La Côte d’Ivoire se classait au 16e rang africain, derrière les leaders continentaux, Afrique du Sud (0,8616), Maurice (0,7506), Tunisie, Maroc, Seychelles et Égypte, tous entre 0,65 et 0,7. En Afrique de l’Ouest, seuls le Ghana et le Cap-Vert la devancent.
L’évolution de l’indice souligne les progrès réalisés par la Côte d’Ivoire au cours de la dernière décennie. En 2014, le pays obtenait un score de 0,204 à l’EGDI et occupait le 36e rang africain, sous la moyenne continentale. Le programme ivoirien de numérisation des services publics, l’un des plus ambitieux du continent, vise à prolonger cette progression et à renforcer sa position régionale.





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