Conakry veut s’appuyer sur la dynamique de la mine d’or de Siguiri, premier site aurifère du pays par le volume de production avec 289 000 onces en 2025, pour affirmer ses ambitions nationales dans un secteur en plein essor dans toute la sous-région.
Objectif : inscrire Siguiri dans la stratégie minière nationale
La mine d’or de Siguiri entend porter sa production annuelle à 400 000 onces, soit près de 12 tonnes, d’ici à 2030, selon une note du ministère des Mines publiée mardi 13 octobre à l’occasion de la visite du ministre des Mines, Bouna Sylla, sur le site. Le gouvernement y rappelle son ambition de faire de la Guinée « un pays de référence de l’industrie aurifère. »
La Société aurifère de Guinée (SAG), qui exploite la mine de Siguiri, est détenue à 85 % par AngloGold Ashanti et à 15 % par l’État. L’objectif de porter la production à 12 tonnes implique la mise en exploitation du « Bloc 3 », une nouvelle zone minière située sur le même périmètre que Siguiri. Cela nécessitera la mobilisation de 500 millions de dollars, selon les évaluations de la société.
Un investissement massif pour débloquer le potentiel du Bloc 3
La mine de Siguiri a déclaré une production de 289 000 onces d’or l’année dernière. Dans son rapport annuel 2025, sa maison-mère, AngloGold Ashanti, indique que le développement de la zone du Bloc 3 a été approuvé par le conseil d’administration et que « les procédures d’obtention des permis réglementaires sont en cours ». Le groupe mentionne également des travaux de modernisation de l’usine de traitement, dont le démarrage était alors prévu fin juin dernier.
Une hausse de la production de ce qui constitue la locomotive du secteur aurifère guinéen serait déterminante pour la Guinée, dont le sous-sol regorge d’une palette de ressources minières aux côtés de la bauxite et du fer. C’est sans doute le « deuxième scandale géologique » du continent aux côtés de la République démocratique du Congo (RDC). Pour Conakry, la stratégie n’est pas seulement d’augmenter le volume de la production d’or, mais d’en valoriser l’essentiel localement afin de capter plus de valeur, et donc de revenus. Le projet de raffinerie « Nimba Gold Refinery » est en cours, mais les détails de l’échéancier de sa construction restent à préciser.
Si par sa taille Siguiri est l’incontestable locomotive du secteur aurifère guinéen, celui-ci a vu son poids économique croître grâce à l’entrée en production de nouvelles mines de taille moyenne, dont Kiniero, exploitée par PDI Gold. La société développe également le projet de Bankan, dont le potentiel est estimé à environ 250 000 onces d’or par an sur une durée de vie de 12 ans. Sa mise en service est programmée pour 2028.





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