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Les villes intermédiaires Un coup de pouce pour atteindre les ODD en Afrique

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Les petites villes et celles dites secondaires en Afrique, caractérisées par un rythme de développement plus rapide que les grandes cités, peuvent aider à atteindre les Objectifs de développement durable (ODD), à travers des mécanismes innovants pour des services efficaces, selon le Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat).

Les villes intermédiaires occupent une place stratégique dans l’urbanisation en Afrique. La tendance en cours et à venir indique que la majorité des nouveaux urbains iront s’installer dans des villes de moins de
500.000 habitants. Elles devraient absorber près de deux nouveaux urbains sur trois. L’on comprend dès lors pourquoi les villes intermédiaires doivent être au cœur des agendas mondiaux et des stratégies de durabilité pour la planète. De l’application des agendas mondiaux dans les villes intermédiaires dépend l’atteinte ou non des objectifs poursuivis. «Les villes intermédiaires contribuent à réduire la pression qui pèse sur les grandes villes, obligées de fournir des services sociaux à une population sans cesse croissante en raison de l’exode rural. Elles sont essentielles car elles peuvent aider à localiser les ODD au niveau local. Elles sont ainsi de nature à proposer des mécanismes innovants pour des services efficaces en renforçant l’engagement des citoyens dans l’espace public », a déclaré Oumar Sylla, directeur du bureau régional d’ONU-Habitat pour l’Afrique, au cours d’une réunion de la région est-africaine pour les préparatifs de la 9e édition du Sommet Africités-9.

C’est dire qu’il est plus que jamais crucial de renforcer le rôle de ces villes intermédiaires dans le développement et l’intégration de l’Afrique. D’autre part, les villes intermédiaires sont un maillon essentiel dans la structuration de l’armature urbaine, faisant de l’Afrique urbaine de moins en moins le continent des capitales nationales, mais de plus en plus le continent des villes intermédiaires qui doublent de population et de superficie tous les 10/15 ans et qui, paradoxalement, font l’objet de très peu d’attention de la part des politiques publiques.

Pour rappel, la Conférence des Nations Unies sur le logement et le développement urbain durable (Habitat III), tenue à Quito en octobre 2016, a abouti à l’adoption du Nouveau programme pour les villes (Déclaration de Quito sur les villes et les établissements humains viables pour tous), qui vise à déterminer comment les espaces urbains (des agglomérations aux villages) sont planifiés, conçus, financés, construits, gérés et administrés. Le Nouveau Programme pour les villes reconnaît la contribution importante des villes et des établissements humains à la mise en œuvre et à la localisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030 (Agenda 2030) ainsi qu’à la réalisation des ODD, y compris l’objectif 11, qui consiste à rendre les villes et les établissements humains ouverts à tous, sûrs, résilients et durables.

La « territorialisation » ou « localisation » des ODD renvoie au processus de définition, de mise en œuvre et de suivi des stratégies locales afin de contribuer à l’atteinte des objectifs de développement à différentes échelles (infranationale, mais aussi nationale et mondiale) (PNUD, ONU-Habitat, CGLU 2015). Cette approche consiste à mettre en place l’Agenda 2030 pour obtenir des résultats concrets au niveau local via la mise en place de divers mécanismes innovants, tels que la création de plateformes. Le concept s’entend de manière globale et ne concerne pas seulement les collectivités et les gouvernements locaux : il inclut l’ensemble des acteurs participant à l’écosystème de développement local (y compris les représentants des pouvoirs publics à l’échelle nationale et régionale, la société civile, le secteur privé, les universitaires, etc.).

Entrés en vigueur en janvier 2016, les ODD comprennent un ensemble de 17 objectifs universels et 169 cibles. Ils s’appuient sur les réalisations des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), arrivés à expiration fin 2015, et visent à les compléter (notamment en matière de lutte contre la pauvreté, ou de santé, d’éducation de sécurité alimentaire et de nutrition), tout en intégrant de nouvelles préoccupations (en mettant l’accent sur un large éventail d’objectifs économiques, sociaux et environnementaux). Le fait que les 17 objectifs fixés relèvent de domaines s’inscrivant en grande partie dans le champ de compétences des gouvernements locaux, et que leur réalisation dépend de l’implication d’un large éventail d’acteurs locaux, fait aujourd’hui consensus. Ces nouveaux objectifs de développement durable présentent des défis majeurs pour le continent africain, étant donné le faible développement humain que connaît l’Afrique, le grand nombre d’États fragiles et/ou touchés par des conflits, l’importance de l’exode rural et le développement économique souvent limité.

Rôle des gouvernements locaux dans la localisation des ODD

Au cours des trois dernières décennies, marquées par une tendance générale à la décentralisation, les gouvernements locaux se sont vus confier davantage de compétences et de responsabilités, et ont progressivement été considérés comme des acteurs-clé dans la promotion du développement local. Selon de nombreuses études, les investissements publics locaux permettent en effet de dégager une meilleure efficacité économique que les investissements publics mis en œuvre à une échelle centralisée (par des agences nationales par exemple), notamment parce que la prise de décision à l’échelle locale tend à mieux refléter les préférences locales des administrés : elle permet donc une meilleure allocation des ressources. Le rôle grandissant des gouvernements locaux opère également dans un contexte où les attentes des populations en matière d’avancées démocratiques sont fortes, et où la démocratie représentative s’impose à travers la généralisation des élections, mais aussi de formes plus directes de participation des citoyens à la planification et à la prise de décision (par exemple via l’élaboration de budgets participatifs), en particulier à l’échelle locale. En raison de leurs responsabilités croissantes, les gouvernements locaux seront, dans bien des cas, directement responsables de la réalisation d’une grande partie des engagements des gouvernements nationaux en matière d’ODD. Ils joueront également un rôle central pour coordonner l’action de l’ensemble des acteurs de l’écosystème de développement local en vue d’atteindre les ODD. Une motion de Cités et gouvernements locaux unis (CGLU), adoptée en décembre 2015, a ainsi souligné que «la localisation de l’Agenda 2030 ne consiste pas à mettre en œuvre un programme mondial ou national au niveau local mais davantage à créer les conditions adéquates au niveau local pour atteindre les objectifs mondiaux». La localisation est donc fortement dépendante de l’amélioration des compétences, des capacités et des ressources des gouvernements locaux, et elle est indispensable pour initier des mécanismes de gouvernance efficaces.

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