Africités
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ENERGIES 2050, association française à but non lucratif, est un réseau international spécialisé sur les questions climat et développement et engagé dans la mise en œuvre de la Grande Transition. L’association intervient, notamment, dans la transition énergétique et urbaine ou encore dans «la mise en mouvement d’une société plus humaine, plurielle et solidaire, porteuse de paix et respectueuse des biens communs de l’humanité». Voilà qui explique le partenariat avec l’organisation des Cités et gouvernements locaux unis d’Afrique (CGLUA) dont elle partage la même vision. Une vision qui, selon son Directeur général, Stéphane Pouffary «a permis de mettre en avant les réalités des villes et des territoires africains dans l’agenda climat-développement international». Explications.
“Etablir de fructueuses passerelles méthodologiques et opérationnelles”
AFRIMAG : D’ici la fin de la décennie 2020, la majorité des Africains vivront dans une ville de taille intermédiaire notamment. Si cette urbanisation est source d’opportunités, elle est aussi et surtout source de vrais défis, notamment en termes de développement durable. Ces villes intermédiaires, qui font entre 100.000 et 1 million d’habitants, ne doivent-elles pas repenser leur stratégie de développement ?
Stéphane Pouffary : La réponse est oui sans aucun doute mais elle renvoie à plusieurs autres réalités : (i) le continent africain va connaître le taux de croissance urbaine le plus rapide du monde ; (ii) les villes africaines qui devraient accueillir plus d’1 milliard d’habitants supplémentaires en 2050 sont déjà confrontées à des défis sociaux, économiques et environnementaux majeurs notamment en termes d’infrastructures et de disponibilité des ressources naturelles ; (iii) les conséquences des changements climatiques exacerbent et amplifient ces défis, modifiant profondément les capacités de vie voire de survie des populations, et renforcent les mobilités et migrations contraintes sur des territoires déjà vulnérables. Les villes intermédiaires vont subir le plus gros choc transformationnel jamais rencontré dans l’histoire urbaine. Leurs stratégies de développement devraient et doivent pouvoir répondre à ces défis pour renforcer leurs capacités d’adaptation et de résilience tout en s’engageant dans des trajectoires de développement inclusif et bas carbone. Le défi est donc plutôt de donner aux gouvernements locaux les moyens d’agir au travers d’un cadre formel leur permettant d’évaluer leurs forces et leurs faiblesses, d’élaborer des réponses et stratégies adaptées et d’être en capacité de mobiliser et de disposer des moyens de mise en œuvre. Ce processus doit reposer sur un dialogue renouvelé et structuré entre les Etats et les gouvernements locaux à réinventer et à renforcer autour des enjeux climat-développement.
AFRIMAG : De nombreuses villes africaines sont confrontées à des problèmes de délestage électrique. La solution passe-t-elle impérativement par les énergies renouvelables ? Quelle analyse faites-vous de la cadence du déploiement de ces énergies dans les villes africaines ?
Stéphane Pouffary : La question de l’énergie est centrale et elle est un préambule indispensable à toute possible transformation des territoires. L’ODD 7 est une priorité pour l’Afrique, mais les compétences territoriales sur cette question sont souvent malheureusement encore très limitées. Au-delà des prérogatives locales, comme l’éclairage ou la gestion des bâtiments et des services municipaux, la fourniture d’un service énergétique durable, de qualité et abordable, est aussi un facteur de développement et d’inclusivité.
Les énergies renouvelables restent, par nature des technologies adaptées à une approche décentralisée. Dans les documents de planification et de développement elles sont souvent au cœur des axes retenus. Le paradoxe est que le coût de ces technologies ne cesse de baisser et qu’elles sont encore insuffisamment déployées au niveau des territoires. Le cadre réglementaire, qu’il soit national ou local, doit permettre de transformer cette situation qui n’est pas une fatalité sachant que toutes les expériences témoignent qu’une fois déployées ces technologies sont pertinentes, économiquement, socialement et, bien sûr, au niveau environnemental et climatique.
L’échelon national reste un verrou important car il détermine le socle du partage des responsabilités : cadre légal, fiscalité, capacité et accès au réseau électrique, subventions et/ou tarification, partenariats publics-privés, publics-privés-citoyens… en complément des compétences locales déléguées et des capacités techniques et financières nécessaires. Les mécanismes internationaux doivent également concourir à cette révolution énergétique territoriale africaine notamment en facilitant l’accès à la finance climat et aux mécanismes carbones.

AFRIMAG : L’Association ENERGIES 2050 travaille sur les problématiques liées aux changements climatiques, à la transition énergétique et au développement durable. Quelles sont les actions que votre ONG a menées en faveur des collectivités territoriales d’Afrique ?
Stéphane Pouffary : Depuis plus de 15 ans, ENERGIES 2050, en tant que réseau et organisation non gouvernementale sans but lucratif est engagée au niveau international dans la lutte contre les changements climatiques et la mise en œuvre d’un développement partagé et soutenable. L’association fédère des membres et des partenaires de plus de 70 nationalités mettant ensemble en œuvre des projets dans autant de pays.
L’association et son réseau accompagnent des institutions internationales, des gouvernements nationaux et des gouvernements locaux ainsi que des coalitions multi-acteurs dans l’élaboration et la mise en place de stratégies, de programmes d’actions et de projets de développement bas carbone dans les domaines de l’atténuation, de l’adaptation et de la résilience. ENERGIES 2050 est fortement impliquée dans les grands agendas internationaux : Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), Conseil économique et social des Nations Unies
(ECOSOC)… et dans plusieurs initiatives internationales (ethiCarbon®, Task Force Climat CGLU Afrique, ART’s PLANET, Initiative de la Francophonie pour des Villes Durables, Alliance Mondiale pour le Bâtiment et la Construction Global ABC…).

Pour rester dans la dynamique des questions climat-développement dans le cadre d’Africités, ENERGIES 2050 a, par exemple, accompagné plusieurs pays africains dans l’élaboration puis la révision de leurs Contributions Déterminées au niveau National (CDN), de leurs stratégies d’adaptation ou encore l’élaboration de systèmes nationaux de suivi et d’évaluation ou de projets soumis au Fonds Vert pour le Climat. ENERGIES 2050 a déployé depuis sa création les mêmes stratégies d’action avec les collectivités territoriales en Afrique que ce soit dans l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies et plans locaux climat-développement, de guides méthodologiques, de projets pilotes, de formations ou sur la mobilisation de la finance climatique. Cette complémentarité entre les différents échelons international-national-local a permis d’établir de fructueuses passerelles méthodologiques et opérationnelles.
ENERGIES 2050 est un partenaire de CGLU Afrique avec qui nous partageons la même vision et qui a permis de mettre en avant les réalités des villes et des territoires africains dans l’agenda climat-développement international et particulièrement l’agenda de l’adaptation et de la résilience. Nous sommes notamment impliqués dans la Task Force climat dans laquelle nous avons l’honneur de piloter le pilier sur la territorialisation des CDNs et nous intervenons également sur la mobilisation de la finance climatique pour les villes et les territoires africains. Nous avons également participé ensemble à de très nombreux projets et évènements notamment à l’occasion des COP, de l’African Climate Week ou des précédentes éditions d’Africités.
A Kisumu, nous sommes impliqués dans la Journée Climat et la Journée Culture ainsi que dans l’exposition rétrospective d’ART’s PLANET.

![Édito | Ça bouge dans le transport aérien [Par Jean-Louis Baroux] Le meilleur exemple est encore fourni par Emirates. Elle vient de publier ses résultats pour l’exercice 2025 / 2026 qui s’est terminé au 31 mars de cette année. Les résultats sont impressionnants. Bien que le nombre de passagers soit en diminution de 1% avec 53,2 millions de passagers tout de même, le chiffre d’affaires progresse de 2% à 35,7 milliards de dollars et surtout le profit net atteint un niveau jamais égalé de 5,4 milliards de dollars.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/05/Djara-320x158.jpg)



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