Malgré un environnement financier globalement frileux et marqué par la hausse des taux d’intérêt, la fintech africaine OPay franchit un cap décisif. En déposant son dossier d’introduction à la Bourse de New York (NYSE), la licorne soutenue par SoftBank révèle une explosion de sa rentabilité au premier semestre, portée par l’accélération de la digitalisation des services financiers sur le continent.

Dans un contexte où la montée des rendements obligataires et la rigueur monétaire ont contraint de nombreux acteurs à reporter leurs projets de cotation, l’entreprise de paiements numériques OPay confirme ses ambitions américaines.
Selon les données publiées par l’agence Reuters, la fintech active en Afrique a déposé son document d’enregistrement officiel auprès des autorités financières pour faire son entrée sur la Bourse de New York sous le symbole « OPAY ».
Les indicateurs financiers dévoilés à cette occasion témoignent d’une dynamique de croissance remarquable. Sur les six premiers mois de l’année achevés au 30 juin, le chiffre d’affaires du groupe a doublé pour s’établir à 467,1 millions de dollars, contre 197,5 millions un an plus tôt. Plus impressionnant encore, le bénéfice net a été multiplié par plus de quatre, bondissant de 21,7 millions à 90,9 millions de dollars. Ces résultats soulignent la viabilité du modèle économique de la plateforme dans un secteur souvent critiqué pour sa quête de croissance au détriment de la rentabilité.
Un pari stratégique adossé à des institutionnels majeurs
Créée sous l’impulsion de l’entrepreneur chinois Yahui Zhou, fondateur de la firme Beijing Kunlun Tech, OPay s’est imposée comme un pilier de l’inclusion financière, particulièrement au Nigeria, mais aussi en Égypte, en Indonésie et au Pakistan. En connectant commerçants et particuliers à des services intégrés de transfert, de paiement et d’accès au crédit, la société capitalise sur une démographie jeune et une population historiquement sous-bancarisée mais très connectée.
Valorisée à 2 milliards de dollars lors de sa levée de fonds de 400 millions en 2021, la fintech conserve des soutiens de premier ordre : le géant japonais SoftBank détient 6,6 % du capital avant l’opération. Pour appuyer cette nouvelle étape, Stanbic Africa Holdings a déjà souscrit un engagement massif, prévoyant d’injecter jusqu’à 200 millions de dollars via un placement privé simultané.
Affichant une ambition véritablement panafricaine et globale, le groupe orchestre sa cotation sous la conduite de grands noms de la finance internationale et continentale, parmi lesquels Citigroup, Deutsche Bank, CICC et Standard Bank. Pour compléter cette opération sur le NYSE sous forme d’American Depositary Shares (ADS), OPay prévoit également une cotation secondaire au Nigeria, réaffirmant ainsi son ancrage au cœur de la première économie d’Afrique de l’Ouest.











