Le montage de véhicules en kit importé n’a plus droit de cité en Afrique du Sud. Jeudi 15 octobre, le ministre du Commerce, Parks Tau, a annoncé la suppression progressive des aides accordées aux constructeurs qui se contentent d’assembler sur place des véhicules quasi terminés, exhortant l’industrie à s’engager résolument dans une production locale accrue.
Vers 60 % de composants locaux
Cette décision, prise dans le cadre du plan directeur pour le secteur automobile, vise à porter la part de composants locaux d’environ 38 % à 60 % d’ici 2035. L’objectif est également de doubler le nombre d’emplois dans le secteur et de faire passer la part de l’Afrique du Sud dans la production mondiale de véhicules à 1 %. « Les opérations actuelles de montage de véhicules en kit (semi-knocked-down, ou SKD) seront progressivement abandonnées, et aucun soutien ne sera accordé à de nouveaux projets de ce type », a précisé M. Tau lors de la « South African Auto Week » à Durban.
Une frontière floue à redéfinir
Les autorités comptent durcir les critères définissant ce qui constitue une véritable production locale. Actuellement, l’importation de véhicules complètement démontés (complete-knock-down) permet de bénéficier d’avantages, même si l’intégration de pièces fabriquées sur place reste minimale. Désormais, une plus grande intégration locale sera exigée, au-delà du simple assemblage final. Cette mesure ne s’applique toutefois pas aux véhicules utilitaires moyens et lourds. La commission du commerce a été chargée d’étudier des mesures de soutien supplémentaires pour le segment des « bakkies » (pick-ups), très populaires dans le pays.
Protection contre engagements
M. Tau a souligné que toute nouvelle mesure de protection du secteur sera conditionnée à des engagements fermes en matière de production locale, d’emploi, d’investissement et d’exportation. Cette initiative s’inscrit dans une révision plus globale du programme d’incitations pour l’industrie automobile.
Cette décision vise une pratique qui a favorisé certains nouveaux acteurs, notamment des marques chinoises et indiennes, tout en générant peu d’emplois et en maintenant un faible taux de composants locaux. Les constructeurs historiques réclament depuis longtemps une localisation accrue de la production, alors que le marché reste inondé de véhicules importés, déjà assemblés et proposés à bas prix.
Des précisions sur le calendrier de mise en œuvre seront communiquées à mesure que se poursuivra la révision de cette politique.





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