Afrique-Politique publique : le grand test industriel a commencé
Premier du classement RED Index 2025 avec un score parfait de 13 sur 13, le Morocco s’impose désormais comme la référence africaine en matière d’industrialisation. Le rapport du The Business Council for Africa consacre un modèle fondé sur la cohérence stratégique, la stabilité institutionnelle, les infrastructures de classe mondiale et l’émergence de champions industriels nationaux. De Tanger à Casablanca, le Royaume a construit en deux décennies un écosystème industriel capable de rivaliser avec plusieurs économies émergentes.
Pendant longtemps, peu d’observateurs imaginaient le Maroc devenir l’une des plateformes industrielles les plus compétitives du continent africain. Aujourd’hui pourtant, le Royaume exporte des voitures, des composants aéronautiques, des engrais, des équipements électroniques et développe des capacités dans l’hydrogène vert.
Le RED Index considère même le modèle marocain comme «l’exemple africain le plus complet de cohérence industrielle de long terme.»
Cette performance repose sur une idée simple : le Maroc n’a pas traité l’industrialisation comme une succession de projets isolés, mais comme une stratégie nationale continue. Un ensemble structuré et cohérent !
Tanger Med, symbole du basculement industriel
Le rapport accorde une place centrale au complexe portuaire de Tanger Med. Véritable pivot logistique reliant l’Afrique, l’Europe et les marchés internationaux, cette infrastructure est devenue la colonne vertébrale du modèle exportateur marocain.
Grâce à des connexions performantes entre routes, autoroutes, zones industrielles et transport maritime, le Maroc a considérablement réduit ses coûts logistiques et renforcé sa compétitivité.
Le port a permis l’installation de géants internationaux de l’automobile et de l’aéronautique, transformant progressivement le nord du pays en hub industriel régional. Le RED Index insiste sur un point clé : l’infrastructure marocaine n’a pas été pensée uniquement comme un outil de transport, mais comme un instrument de politique industrielle.
L’automobile et l’aéronautique comme moteurs de croissance
L’automobile illustre parfaitement cette transformation. En quelques années, le Maroc est devenu le premier constructeur automobile d’Afrique. L’implantation de groupes internationaux a favorisé l’émergence d’un vaste écosystème de sous-traitance locale, générant des milliers d’emplois industriels et des transferts technologiques significatifs.
Le secteur aéronautique suit la même trajectoire. Le Royaume accueille désormais des centaines d’entreprises opérant dans les métiers du câblage, de l’usinage de précision ou de l’assemblage. Le rapport souligne que cette montée en gamme industrielle n’aurait pas été possible sans une stratégie d’ouverture maîtrisée.
Une ouverture économique pensée comme un levier stratégique
Contrairement à d’autres pays ayant subi une ouverture commerciale désorganisée, le Maroc a utilisé l’investissement étranger comme un outil de développement industriel.
Le RED Index insiste sur cette différence fondamentale : l’ouverture marocaine n’a pas été passive mais orientée vers des secteurs prioritaires. Les investissements étrangers ont été accompagnés d’infrastructures adaptées, de zones industrielles intégrées, de programmes de formation et d’incitations ciblées. Résultat : le Royaume est progressivement monté dans les chaînes de valeur mondiales au lieu de rester cantonné à des activités peu productives.
Le pari des énergies renouvelables
Le rapport cite également le Maroc comme l’un des leaders africains de la transition énergétique industrielle. Les investissements dans le solaire et l’éolien permettent aujourd’hui au Royaume de sécuriser progressivement son approvisionnement énergétique tout en renforçant son attractivité industrielle. Dans un monde où la compétitivité carbone devient déterminante, cette stratégie offre au Maroc un avantage majeur pour attirer les industries de demain. Le RED Index rappelle que l’électricité constitue le cœur même de l’industrialisation. Les pays capables d’assurer une énergie fiable, abondante et compétitive disposeront d’un avantage décisif dans la prochaine décennie.

OCP, incarnation du champion national
Le rapport met également en avant le rôle des champions nationaux, en particulier OCP Group. Pour les auteurs du RED Index, les grandes entreprises nationales jouent un rôle central dans la structuration des écosystèmes industriels. Elles développent des fournisseurs locaux, investissent dans l’innovation, forment des compétences et créent des effets d’entraînement sur toute l’économie.
OCP est présenté comme l’un des rares groupes africains capables de rivaliser à l’échelle mondiale dans un secteur stratégique.
Cette capacité à faire émerger des entreprises nationales puissantes constitue l’un des principaux différenciateurs du modèle marocain.
Une stabilité institutionnelle décisive
Le rapport insiste également sur la continuité des politiques publiques marocaines. L’un des grands problèmes identifiés dans de nombreux pays africains est l’instabilité des stratégies économiques à chaque alternance politique. Cette volatilité décourage les investisseurs et freine les projets industriels de long terme. Le Maroc, au contraire, a maintenu une trajectoire relativement cohérente sur plusieurs décennies. Cette continuité a renforcé la confiance des investisseurs internationaux et permis l’exécution de grands projets structurants.

Le défi du capital humain
Le RED Index souligne néanmoins que le Royaume doit poursuivre ses efforts dans la formation technique et scientifique. L’industrialisation moderne exige des ingénieurs, des techniciens et des compétences numériques avancées. Le renforcement des filières STEM — Sciences, Technologie, Ingénierie et Mathématiques — apparaît désormais comme un enjeu stratégique majeur.
Le Maroc a déjà engagé plusieurs réformes dans ce domaine, mais la compétition mondiale pour les talents s’intensifie rapidement.

Le Royaume face à une nouvelle étape
Pour les auteurs du rapport, le Maroc a désormais dépassé le stade de l’industrialisation de base. Le défi consiste désormais à monter davantage en technologie, en innovation et en valeur ajoutée.
Le pays devra renforcer la R&D, accélérer la digitalisation industrielle et consolider sa souveraineté énergétique.
Mais le plus important est peut-être ailleurs : le Maroc démontre aujourd’hui qu’un pays africain peut construire une stratégie industrielle cohérente, attirer les investissements internationaux et développer des champions capables de rivaliser à l’échelle mondiale.
Le RED Index envoie ainsi un message clair au reste du continent : l’industrialisation africaine est possible. Le Maroc en apporte désormais la preuve concrète.





Maroc


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