Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a entamé dimanche 7 août une tournée africaine par l’Afrique du Sud pour tenter de rapprocher la diplomatie de ce pays du camp occidental.
Ce déplacement, qui le mènera ensuite et jusqu’à jeudi en République démocratique du Congo et au Rwanda, vise notamment à contrecarrer l’influence russe sur le continent africain.
Elle suit de peu la visite en Afrique fin juillet du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, passé par le Congo-Brazzaville, l’Ouganda, l’Egypte et l’Ethiopie.
Pour sa première étape, Blinken a choisi de s’arrêter en Afrique du Sud, pays qui depuis le début de l’invasion russe en Ukraine le 24 février a adopté une position neutre et refusé de se joindre aux appels occidentaux à condamner Moscou.
Nouvelle stratégie africaine de l’administration Biden
Lundi 8 août, Blinken doit s’entretenir avec la cheffe de la diplomatie sud-africaine Naledi Pandor des « développements récents et en cours concernant la situation géopolitique mondiale », et faire des annonces concernant la nouvelle stratégie africaine du gouvernement américain, a indiqué Pretoria dans un communiqué.
Dimanche 7 août, le secrétaire d’Etat américain s’est d’abord rendu au Mémorial Hector Pieterson à Soweto près de Johannesburg, étape de nombreux chefs d’Etat en visite officielle.
Il a visité le musée bâti en hommage aux étudiants tués dans une manifestation de lycéens et collégiens en 1976 lors d’une répression policière qui choqua bien au-delà du pays et fut un tournant dans le combat contre le système sud-africain de discrimination de la majorité noire, qui sera finalement aboli en 1991.
Blinken était accompagné par Antoinette Sithole, la soeur d’Hector Pieterson, qui à 12 ans fut le premier, le 16 juin 1976, des plus de 170 manifestants tués à Soweto. La jeunesse s’était soulevée contre l’obligation d’étudier en afrikaans, la langue du régime de la minorité blanche au pouvoir.
Selon Fonteh Akum, responsable du think-tank Institute For Security Studies, basé à Pretoria, la visite d’Antony Blinken vise notamment à « rapprocher l’Afrique du sud du camp occidental » dans le cadre de la nouvelle stratégie africaine des Etats-Unis.
L’intervention de l’OTAN en Libye continue de saper les relations
L’Afrique du Sud n’a jamais digéré l’intervention militaire de l’Otan en Libye en 2011. Elle s’était faite tordre le bras pour l’approuver alors qu’elle siégeait au Conseil de sécurité de l’ONU, avant de critiquer cette guerre et d’accuser les Occidentaux d’avoir abusé de ce mandat pour faire tomber le colonel Mouammar Khadafi.
Historiquement, l’ANC au pouvoir en Afrique du Sud depuis l’avènement de la démocratie en 1994 a été proche du bloc soviétique qui soutenait les luttes d’émancipation dans le monde.
Depuis 2011, l’Afrique du Sud est membre du groupe diplomatique des économies émergentes BRICS, regroupant le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, fonctionnant à une époque de manière assidue à raison d’une à deux réunions annuelles, ce qui a contribué à consolider des liens.
En juin, le président russe Vladimir Poutine a exhorté les BRICS à coopérer face aux « actions égoïstes » des pays occidentaux, sur fond de sanctions sans précédent contre Moscou en raison du conflit ukrainien.
Blinken compte lors de sa tournée montrer aux pays africains qu’ils « sont des alliés cruciaux sur les questions les plus brûlantes de notre époque » comme « la lutte contre les effets du changement climatique, l’insécurité alimentaire et les pandémies mondiales », avait indiqué fin juillet le département d’Etat.
Blinken poursuivra sa tournée en RD Congo et au Rwanda
Après Johannesburg, Blinken doit se rendre en République démocratique du Congo, puis au Rwanda, en proie à un regain de tensions avec son voisin congolais qui l’accuse de soutenir les rebelles du « Mouvement du 23 mars » (M23), ce que Kigali dément.
Il s’agit du deuxième déplacement de Blinken en Afrique subsaharienne depuis sa prise de fonctions. L’année dernière, il s’était rendu au Kenya, au Nigeria et au Sénégal.
Avant l’invasion russe de l’Ukraine, la diplomatie américaine en Afrique se concentrait surtout sur la compétition avec la Chine, qui a fait d’importants investissements dans les infrastructures sur le continent africain et qui, à l’inverse des Etats-Unis, l’a fait sans demander de contrepartie aux Etats sur la démocratie ou les droits humains.





Afrique du Sud![Tribune | Maroc-UE : les relations à l’épreuve de la parlementarisation de la politique extérieure et de sécurité européenne [Par Pr. El Hassane Hzaine] Les relations entre le Maroc et l'Union européenne ont évolué d'un simple accord commercial en 1969 à un partenariat stratégique multidimensionnel ; l'accord d'association de 1996 (en vigueur en 2000) a posé les bases, renforcées par l'intégration du Maroc dans la Politique européenne de voisinage en 2004 et l'obtention du statut avancé en 2008, qui a reconnu le Maroc comme un « partenaire privilégié » visant à favoriser la convergence réglementaire et à renforcer la coopération en matière de sécurité et de migration.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/09/Drapeau--450x246.jpg)


![Tribune | Le Nexus politique intérieure-extérieure : contraintes internes et comportement extérieur de l’Espagne envers le Maroc [Par Pr. El Hassane Hzaine] L’objet de cet article est de décrire l’évolution des relations hispano-marocaines depuis l’accession au trône de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, d’en repérer les régularités et de modéliser la dynamique des interactions en identifiant les chemins causaux qui expliquent les variations entre phases coopératives, phases conflictuelles et crises majeures. À cette fin, nous avons construit une base de données événementielle dont la méthodologie repose sur un design mixte longitudinal combinant le codage de 147 événements dyadiques hispano-marocains (2000-2026) selon deux échelles complémentaires — Goldstein (1992) et COPDAB d’Azar-Sloan (1975-1980) —, la construction d’un indice composite de stabilité gouvernementale espagnole (ISG) intégrant quatre dimensions (durée effective au pouvoir, type de majorité, cohésion de la coalition et marge parlementaire), afin de tester la corrélation entre fragmentation politique intérieure et coopération bilatérale.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/09/Maroc-Espagne--450x209.jpg)

![Tribune | Le Sahel, nouveau théâtre de la rivalité algéro-marocaine : deux modèles d’influence en compétition [Par Pr. El Hassane Hzaine] L'analyse systématique de 101 événements diplomatiques, économiques et sécuritaires survenus entre 2010 et 2026 révèle une asymétrie structurelle frappante. Le Maroc maintient un taux de coopération de 100 % avec l'ensemble du bloc sahélien (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad). L'Algérie, de son côté, affiche un taux global de 78 %, plombé par une rupture avec le Mali. Loin d'être un simple affrontement binaire, cette rivalité met en lumière deux modèles d'influence qui se concurrencent.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/09/AES-1-450x233.jpg)
