Le groupe international de paiements et de monétisation de services digitaux célèbre cette année deux décennies de présence au Maroc. Deux décennies qui s’inscrivent dans un contexte de transformation accélérée des écosystèmes numériques africains, où Digital Virgo revendique une position singulière : celle d’un facilitateur discret, mais structurant.

Fondé sur un principe simple, le métier du groupe consiste à monétiser des contenus produits par d’autres. « Nous sommes là pour monétiser des contenus. Nos partenaires naturels au départ étaient des médias, des acteurs capables de produire des contenus. Nous, nous savons les mettre en œuvre, les faire accéder au plus grand nombre d’utilisateurs, et les monétiser », explique Manuel Cruz, cofondateur et vice-président de Digital Virgo, dans un entretien accordé lors d’un point presse.
Cette approche a permis au groupe de se développer sans chercher la visibilité sous son propre nom. « C’est volontaire, parce que notre succès dépend du succès de nos clients », ajoute-t-il. Une philosophie qui explique la discrétion de l’entreprise dans le paysage médiatique, alors même que ses services touchent des millions d’utilisateurs à travers le continent.
Le Maroc, point d’ancrage africain

Arrivé au Maroc en 2006, Digital Virgo a fait du Royaume son principal hub de pilotage pour l’ensemble de ses activités africaines. Le groupe y emploie près de 70 collaborateurs et plus de 150 à l’échelle du continent, avec une présence dans plus de 20 pays et des partenariats avec 30 opérateurs télécoms représentant un potentiel de 682 millions d’abonnés. « Il y a vingt ans, le Maroc a été notre premier ancrage africain. Ce choix n’était pas le fruit du hasard. Il s’appuyait sur des atouts que nous connaissions bien comme la langue, la proximité culturelle et un rôle de hub naturel vers l’Afrique subsaharienne », souligne Manuel Cruz. « Depuis, le Maroc est devenu bien plus qu’un point d’entrée. Il est le hub à partir duquel nous pilotons, concevons et déployons nos activités sur l’ensemble du continent. »
Cette organisation centralisée permet au groupe de mutualiser des expertises clés — conception produit, localisation, support technique, data, marketing digital, UX/UI — tout en conservant une proximité avec les opérateurs, les médias et les créateurs locaux.
100 millions d’abonnés
Parmi les projets emblématiques déployés depuis Casablanca, MTTV, le service de télévision et de vidéo à la demande développé pour Maroc Telecom, réunit 85 chaînes et 2 500 contenus accessibles sur tous les écrans. Lancé en 2026, Hekaya Shorts constitue le premier service marocain de séries courtes, avec 19 séries et plus de 800 épisodes, dont six productions originales en darija pensées pour le mobile.
Le groupe a également accompagné la distribution de la Coupe du Monde 2026 sur mobile, avec 104 matchs et près de 100 millions d’abonnés potentiellement connectés via les applications développées et opérées par ses soins. Au Maroc, l’accès aux matchs de la CAN 2025 a été rendu possible via la plateforme TOD pour 50 dirhams. « Le Carrier Billing et le Mobile Money ont permis à des millions d’utilisateurs d’accéder à des services éducatifs, culturels, sportifs ou de paiement sans carte bancaire ni compte bancaire », rappelle Mounia Terhzaz, Regional CEO Africa, qui a rejoint le groupe en 2006 comme stagiaire. Un parcours que Manuel Cruz cite volontiers en exemple : « C’est une vraie fierté de voir des équipes qui nous ont rejoint au tout début et ont grandi avec nous. »
Au cours des dix dernières années, Digital Virgo estime avoir participé à créer plus de 750 millions d’euros de valeur au sein des économies numériques africaines. Cette contribution passe par la rémunération des opérateurs télécoms, des médias et des acteurs culturels locaux, ainsi que par le soutien à la création locale. Le groupe accompagne des services internationaux comme YouScribe, TOD et Busuu dans leur développement africain, tout en aidant les producteurs et éditeurs locaux à toucher de nouveaux publics et à générer des revenus. « Cette démarche s’inscrit dans les ambitions de Maroc Digital 2030, en soutenant les industries culturelles et créatives et le développement d’offres légales qui rémunèrent les ayants droit et constituent une alternative au piratage », précise Mounia Terhzaz.
Cinq priorités pour 2030
Fort de cet ancrage, le groupe entend poursuivre son développement autour de cinq axes : consolider le Maroc comme hub de compétences avec l’objectif de doubler les effectifs locaux d’ici 2030, soutenir les industries créatives marocaines, renforcer l’inclusion numérique, accélérer l’expansion panafricaine — notamment au Nigeria, en Éthiopie, en Côte d’Ivoire, en Afrique du Sud et au Kenya — et faire de l’innovation et de l’intelligence artificielle un levier d’accès et de création de valeur.
« Notre ambition pour les prochaines années est claire. Il s’agit de faire du Maroc un centre de compétences de référence pour l’Afrique, doubler nos effectifs locaux d’ici 2030 et continuer à connecter les écosystèmes numériques du continent », affirme Manuel Cruz. « Vingt ans après, notre histoire marocaine ne fait que commencer. »
La Coupe du Monde 2030, organisée en partie au Maroc, constitue à cet égard une opportunité majeure pour les opérateurs, médias, éditeurs et utilisateurs du continent. Un rendez-vous que le groupe prépare déjà, fort des dispositifs éprouvés lors de la CAN et du Mondial 2026.





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