C’est une image qui en dit long sur les ambitions du groupe marseillais en Afrique de l’Est. Ce mercredi 28 octobre 2026, à Mombasa, CMA CGM a inauguré son tout premier service ferroviaire au Kenya. Un train de fret qui relie désormais le port de Mombasa, le poumon économique du pays, au terminal intérieur de conteneurs de Nairobi-Embakasi. Un pas de géant pour le numéro trois mondial du transport maritime, qui ne se contente plus de dominer les océans : il veut désormais maîtriser les terres.

Un train, 54 wagons, et des ambitions démesurées
Le nouveau service démarre modestement : un train par semaine, 54 wagons, 108 équivalents vingt pieds (EVP). Mais derrière ces chiffres se cache une stratégie bien huilée. CMA CGM entend d’abord sonder le marché kényan avant d’augmenter la fréquence et de mettre en place un service retour. L’objectif est clair : créer un corridor logistique fluide entre la mer et l’intérieur des terres, et s’imposer comme l’acteur incontournable du fret en Afrique de l’Est.
Le projet a été développé en étroite collaboration avec la Kenya Ports Authority (KPA) et Kenya Railways Corporation (KRC), deux institutions publiques clés du pays. Une alliance qui n’est pas anodine : elle témoigne de la volonté du gouvernement kényan de moderniser ses infrastructures et d’attirer les investisseurs étrangers.
Une cérémonie qui en dit long
L’inauguration n’a pas été laissée au hasard. On y trouvait Mohamed Daghar, le secrétaire principal chargé des Transports, l’ambassadeur de France Wadid Benaabou, le capitaine William K. Ruto, directeur général de la KPA, et Philip J. Mainga, son homologue de la KRC. Autant dire que le gratin politique et économique kényan était sur les rails.
« Le lancement de ce service constitue une étape importante pour CMA CGM au Kenya. Notre ambition est de renforcer la connectivité entre le transport maritime, les ports et les économies de l’intérieur du pays », a déclaré Naveen Prabhu, directeur régional adjoint de CMA CGM pour l’Afrique de l’Est.
Le message est passé : le groupe ne veut pas seulement transporter des conteneurs, il veut connecter des économies entières.
Plus qu’un train, une vision
Mais CMA CGM ne s’arrête pas au fret. Le groupe a compris que pour s’implanter durablement en Afrique, il fallait investir dans les hommes et les communautés. C’est ainsi qu’il renouvelle son partenariat avec la Bandari Maritime Academy pour former la prochaine génération de professionnels kényans du maritime. Et pendant que les officiels inauguraient le train, ils profitaient de l’occasion pour visiter le CMA CGM PALMYRE, un navire propulsé au gaz naturel liquéfié (GNL), symbole de la stratégie verte du groupe.
Côté solidarité, la Fondation CMA CGM n’est pas en reste. Depuis 2023, elle accompagne la Croix-Rouge kényane dans le développement du centre d’innovation I.O.Me 001 à Mombasa, auquel elle a fait don de 11 conteneurs maritimes aménagés. Le centre, dédié à l’entrepreneuriat et à la programmation informatique, a déjà réuni 15 institutions et plus de 1 200 étudiants. Sept conteneurs supplémentaires sont prévus, en partenariat avec l’ambassade de France. Sans oublier la rénovation du terrain de football de l’Université de Nairobi, aux côtés de l’Agence française de développement (AFD), qui bénéficiera à près de 50 000 personnes.
Le Kenya, tremplin vers l’Afrique de l’Est
Avec ce nouveau service, CMA CGM confirme sa volonté de s’ancrer durablement dans la région. Le Kenya, avec son port de Mombasa, la principale porte d’entrée maritime du pays, est devenu un enjeu stratégique majeur pour les acteurs logistiques mondiaux. Et le groupe marseillais, présent dans 184 pays et employant 170 000 collaborateurs, entend bien y jouer un rôle de premier plan.
Reste à savoir si cette stratégie ferroviaire portera ses fruits. Pour l’heure, CMA CGM a posé ses rails. Le train est en marche. L’Afrique de l’Est, elle, regarde passer.





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