La Guinée a levé l’équivalent de 517 millions de dollars, soit près du double de l’objectif visé par l’émission obligataire lancée le 26 septembre dernier sur le marché. Cet emprunt a suscité un engouement exceptionnel des investisseurs, les souscriptions ayant été largement supérieures aux attentes du Trésor guinéen dont la signature reprend du poil de la bête. Parmi les banques arrangeurs, Afriland First Bank Guinée arrive en tête des souscripteurs avec 30 % du montant total mobilisé.
L’opération visait initialement 284 millions de dollars. Au final, les souscriptions ont atteint 183,17 % du montant recherché. Le résultat de cette émission obligataire fait écho à l’ambition exprimée par Guy Laurent-Fondjo, directeur général d’Afriland First Bank Guinée, banque chef de file et arrangeur de l’opération. Lors du briefing des opérateurs du marché financier, il avait évoqué la possibilité de doubler le montant recherché. « Notre objectif », avait-il déclaré.
Sept banques ont participé à la souscription : Afriland First Bank Guinée, Vista Bank Guinée, la Banque pour le Commerce et l’Industrie, Ecobank Guinée, Orabank, Skye Bank et AFG Bank Guinée.
Un secteur bancaire en pleine expansion
Cette mobilisation intervient dans un contexte de progression de l’activité du secteur. Selon les données publiées par le ministère des Finances en septembre 2026, le total de bilan du secteur bancaire guinéen est passé de 4,2 milliards de dollars fin 2025 à 14,2 milliards en août 2026. Sur la même période, les ressources collectées auprès de la clientèle ont progressé de 3,1 à 10,2 milliards de dollars.
Les montants mobilisés lors des emprunts obligataires du Trésor sont passés de 500 milliards de francs guinéens en 2015 à environ 1 800 milliards en 2025, puis à plus de 4 579 milliards en 2026. Cette évolution traduit le recours croissant du Trésor au marché bancaire pour financer ses besoins.
Reste à capter les ménages
Diawadou Bah, représentant de l’Association Professionnelle des Banques de Guinée, a estimé qu’un effort d’information était nécessaire pour permettre aux ménages de mieux comprendre le fonctionnement de l’emprunt et d’y souscrire.
L’opération avait une maturité de cinq ans et proposait un rendement annuel de 11 %. Le montant minimal de souscription était fixé à 5 millions de francs guinéens. Les titres, dématérialisés, bénéficient d’une exonération d’impôts et de taxes.
Les ressources collectées seront affectées au financement de projets inscrits dans la Loi de finances, notamment dans les domaines de l’énergie, des routes, de l’éducation et de la santé.





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