Le chef de l’État égyptien, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, a pris de court le microcosme politique cairote samedi dernier en déclarant qu’il quittera le pouvoir au terme de son mandat actuel (le troisième), fin 2030. Devant l’establishment militaire réuni à l’Académie militaire, il a présenté un plan visant à former les futurs dirigeants potentiels durant les 30 prochains mois.
Cette proposition rappelle le rôle central que joue l’armée dans la cooptation des futurs dirigeants du pays. Sous la présidence d’Al-Sissi, lui-même ancien général, l’armée a étendu sa présence dans l’économie et les affaires civiles.
S’exprimant lors d’une cérémonie de remise de diplômes à l’Académie, le chef de l’État a déclaré qu’un comité supervisé par le président du Parlement — composé d’intellectuels, de politiciens et des ministres de l’Enseignement supérieur et de la Justice — élaborerait les critères de sélection des candidats et rédigerait une loi relative au programme de formation. Pour couper court aux rumeurs qui commençaient à s’enflammer, il a réaffirmé que la Constitution ne serait pas amendée pour lui ouvrir la voie à un autre mandat. « La fin du mandat présidentiel en 2030 est une question complètement réglée qui ne sera pas discutée », a insisté le maréchal-président. Il a précisé que ce programme — en fait un coaching assuré par l’armée — permettrait aux Égyptiens d’élire parmi les diplômés de l’Académie militaire non seulement le futur président, mais aussi des hauts fonctionnaires. Sans détailler la composition du casting, il a apporté quelques précisions : le programme s’adresserait aux titulaires d’un doctorat délivré par des universités égyptiennes ou étrangères de renom, qui passeraient 30 mois à l’Académie pour étudier l’État, ses ressources et les moyens de les préserver.
Âgé de 71 ans, Al-Sissi effectue un mandat de six ans après sa réélection en décembre 2023. Les amendements constitutionnels approuvés par référendum en 2019 ont prolongé la durée des mandats présidentiels de quatre à six ans et lui ont permis de briguer un troisième mandat, l’autorisant ainsi à rester en fonction jusqu’en 2030.





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