Vingt et un permis de recherche traités en deux mois, des renouvellements en série, un cadastre refondu et une nouvelle agence annoncée : Bamako rouvre son guichet minier. Pour les explorateurs, l’épreuve décisive reste pourtant à venir : l’attribution de nouveaux titres, toujours suspendue.
Après des années d’attente, la machine administrative malienne redémarre. Selon Fousseni Togola, président de la Chambre des Mines, l’État a instruit 21 permis de recherche en août et septembre. Il s’exprimait jeudi 15 octobre à l’African Mining Week, au Cap.
Ce redémarrage met fin à un long gel. En novembre 2022, Bamako avait stoppé toutes les procédures liées aux titres miniers pour assainir le secteur. Un nouveau code minier a suivi en 2023, mais le dégel a été très progressif. Il a fallu attendre mars 2025 pour que le ministère des Mines autorise à nouveau le dépôt de trois catégories de demandes : le renouvellement des permis de recherche et d’exploitation, le passage de la recherche à l’exploitation et la cession des permis d’exploitation. Les nouvelles attributions et la cession des permis de recherche restaient, elles, bloquées.
Le rythme s’est depuis accéléré. Fin août, dix permis de recherche portant sur l’or et le lithium ont été renouvelés. Une autre série de renouvellements a reçu l’aval du Conseil des ministres le 30 septembre.
Un cadastre neuf, une agence encore floue
L’exécutif accompagne ce mouvement de nouveaux outils. En avril 2026, l’État a dévoilé un cadastre minier modernisé, censé corriger les défaillances de l’ancien système et rendre la gestion des titres plus transparente.
La réunion de fin septembre a aussi annoncé la création de l’Agence pour la recherche et le développement des ressources minérales. Selon M. Togola, elle devrait élargir les zones explorables et multiplier les permis confiés à des partenaires internationaux. Son fonctionnement et ses moyens demeurent cependant largement inconnus.
Pour les sociétés d’exploration, un permis renouvelé conditionne la poursuite des travaux et les investissements futurs. La junior Cora Gold en est l’illustration. Elle présente le renouvellement, en août, de son permis Sanankoro II comme un jalon vers l’obtention du permis d’exploitation, sésame d’une mine d’or évaluée à 124 millions de dollars.
Ce regain d’activité administrative contraste avec la réalité des chiffres. Dans son rapport World Exploration Trends 2026, S&P Global relève que les dépenses d’exploration au Mali ont reculé en 2025 pour la troisième année de suite. C’est la baisse la plus forte du continent, devant Madagascar et la Namibie.
D’ailleurs, l’or, premier produit minier malien, a vu sa production industrielle chuter de plus de 20 % en 2024. Selon un plan gouvernemental cité par Reuters en juillet, les réserves aurifères devraient passer de 906,8 tonnes en 2026 à 748,6 tonnes en 2029. Sans découvertes, le potentiel minier du pays s’érode.
Le vrai test : les nouveaux permis
Certes, les renouvellements rassurent les acteurs déjà installés, mais ils n’attirent pas de nouveaux venus. Il est admis que seuls les permis de recherche inédits déclenchent les premiers investissements d’exploration, et c’est pourquoi leur attribution est considérée comme l’indicateur clé de la vitalité d’une juridiction minière. Or aucun calendrier n’a été communiqué pou





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