La fintech marocaine Chari, qui digitalise les commerces de proximité en Afrique francophone, annonce la nomination d’Aurélien Pichon, ancien Global Head of Client Operations and Services de Visa, comme administrateur indépendant de son conseil d’administration.
Casablanca, 23 septembre 2026. Chari joue la carte de la maturité. La fintech marocaine, fondée en 2020 par Ismael Belkhayat et Sophia Alj, vient de coopter à son conseil d’administration l’un des dirigeants opérationnels les plus chevronnés du paiement mondial. Aurélien Pichon, jusqu’à récemment en charge des opérations et services clients de Visa à l’échelle globale — une organisation de près de 5 000 collaborateurs —, rejoint la start-up en qualité d’administrateur indépendant.
Un profil taillé pour l’échelle
Sa nomination n’est pas anodine. Pichon a une bonne connaissance de la région CEMEA (Europe centrale, Moyen-Orient et Afrique) : il y a dirigé les opérations de Visa avant d’accéder au poste mondial en 2024. C’est précisément là que Chari déploie ses activités d’agence bancaire et d’infrastructure fintech en tant que service. Le message est clair : la start-up marocaine ne veut plus seulement distribuer, elle veut structurer les rails financiers de toute une région.
Trois apports stratégiques
Concrètement, Pichon apporte trois atouts. D’abord, une expertise du paiement à grande échelle, forgée chez Thomson Reuters, Google et Visa, alors que le réseau d’agence bancaire de Chari passe de quelques milliers à plusieurs dizaines de milliers de points de service. Ensuite, un accès institutionnel : ses relations avec émetteurs, acquéreurs et régulateurs en Afrique et au Moyen-Orient ouvrent des portes que l’acquisition directe ne suffit pas à décrocher. Enfin, une rigueur opérationnelle pour industrialiser une infrastructure désormais mise à disposition de banques, télécoms et institutions financières tierces.
Un signal fort pour l’écosystème
Pour Chari, cette arrivée marque une étape de gouvernance. «Des administrateurs indépendants de ce calibre ne rejoignent que des conseils ayant atteint une certaine maturité », souligne le communiqué de Chari. L’arrivée de Pichon signale que les ambitions d’infrastructure de l’entreprise sont prises au sérieux par les acteurs établis du paiement. Pour l’intéressé, ce siège offre une vision rare de la construction du paiement sur des marchés où le cash domine encore.
Les fondateurs se réjouissent
« Nous n’avons pas cherché un nom. Nous avons cherché quelqu’un qui a personnellement dirigé des opérations de paiement à l’échelle que nous visons », confie Ismael Belkhayat, CEO et cofondateur de Chari. De son côté, Pichon se dit « ravi de rejoindre le conseil à ce stade », estimant que « c’est à cette jonction que se jouera la prochaine décennie du paiement en Afrique. »





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