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L'accès à l'intelligence artificielle se banalise. Pour quelques dizaines d'euros par mois, un collaborateur dispose aujourd'hui de capacités qui auraient exigé des budgets considérables il y a peu. Les modèles progressent, les interfaces se simplifient, et les usages se diffusent dans les équipes bien plus vite que les décisions prises par leur entreprise.

Pendant deux ans, la plupart des conversations sur l'intelligence artificielle en entreprise ont tourné autour d'une seule question : quel outil utiliser ? ChatGPT, Gemini, Claude, Copilot et la dizaine de solutions qui gravitent autour ont occupé tout le débat, ce qui se comprend : il fallait d'abord comprendre ce que ces technologies savaient faire. Cette question vieillit déjà bien vite.

Coxon connaît la maison de l'intérieur. Il travaillait à l'entraînement de nouveaux modèles, au cœur de la fabrique. Au prestigieux Wall Street Journal (WSJ), il raconte que ses collègues empruntent désormais des mots comme « crunchtime » — la dernière ligne droite — et « endgame » — la phase finale — pour décrire vers quoi se dirige le secteur. « Nous nous dirigeons vers certains des scénarios les plus extrêmes, dans lesquels, d'ici à la fin de l'année prochaine, les choses pourraient déjà être hors de contrôle », soutient-il. La course entre laboratoires américains et chinois rend, à ses yeux, les compromis sur la sécurité inévitables.

Sept messages publiés mardi en fin d'après-midi. Moins de deux heures plus tard, deux millions de vues. Jacob Coxon, mathématicien britannique de 27 ans, vient de claquer la porte d'Anthropic — et de toute l'industrie de l'intelligence artificielle. Son motif tient en une phrase assassine : «aucune des deux entreprises n'agit de façon responsable. Elles foncent droit vers une superintelligence capable de s'améliorer elle-même et jouent avec nos vies. » Les deux entreprises en question ? OpenAI et Anthropic, ses anciens employeurs.