Après avoir déployé radars, vidéo-verbalisation et dispositifs de contrôle, Abidjan prépare une nouvelle offensive dans la digitalisation de la mobilité. Objectif : porter la couverture du Système de Transport Intelligent (STI) à 40 %, contre 16,8 % actuellement. Un chantier où la Chine, et notamment Huawei, entend jouer un rôle croissant.

Du 14 au 22 septembre, le ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, a conduit une délégation ivoirienne en Chine. À Pékin et Shanghai, les responsables ivoiriens ont examiné les solutions proposées par Huawei en matière de transports intelligents, de villes connectées, de cybersécurité et d’infrastructures numériques. Une démarche qui prolonge des missions déjà menées aux États-Unis et au Japon.
Le STI ivoirien s’appuie notamment sur des radars fixes et mobiles, des feux intelligents, des panneaux à messages variables et des réseaux de télécommunications dédiés. Un centre de commandement est également en cours d’achèvement.
Des premiers résultats contrastés
La technologie commence à produire ses effets. Entre 2021 et 2023, les accidents corporels sont passés de 10 054 à 8 089, soit une baisse de 24 %, tandis que le nombre de décès reculait de 833 à 765, selon le bilan de la Stratégie nationale de sécurité routière 2021-2025.
La vidéo-verbalisation, déployée à plus de 90 % dès 2023, couvre notamment plusieurs grands axes nationaux. La prochaine étape prévoit toutefois un dispositif plus ambitieux : surveillance globale des véhicules, Centre national d’opération des transports et plateforme sécurisée pour les véhicules commerciaux.
La congestion comme défi
L’enjeu dépasse la seule sécurité routière. À Abidjan, la congestion pèse lourdement sur l’économie. La Banque mondiale estime à 4 à 5 % du PIB le coût annuel des déplacements, alors que la métropole concentre plus de 10 millions de trajets quotidiens. Les coûts directs et d’opportunité liés à la mobilité atteindraient environ 1 200 milliards de francs CFA par an.
Le STI doit ainsi compléter les investissements physiques dans le BRT, le métro et le transport lagunaire. Mais son déploiement soulève déjà d’autres défis : maintenance, sécurisation des données, disponibilité des réseaux et interopérabilité des plateformes. Des conditions indispensables pour transformer la donnée en véritable outil de pilotage de la mobilité.





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