Venu représenter la présidente Samia Suluhu Hassan à la 81ᵉ session de l’Assemblée générale de l’ONU, le vice-président tanzanien Deogratius John Ndejembi a porté un message d’urgence : l’Afrique concentre à elle seule près de 70 % des décès maternels mondiaux. Sa réponse : la stratégie des « Trois Zéros », un cadre opérationnel pour en finir avec les accouchements non assistés, les décès évitables et les enfants non vaccinés.
Le chiffre devrait hanter chaque sommet international : en 2023, l’Afrique représentait à elle seule près de 70 % des décès maternels mondiaux, avec 178 600 femmes emportées en donnant la vie. À la tribune de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, le vice-président tanzanien, Deogratius John Ndejembi, venu représenter la présidente Samia Suluhu Hassan, championne de l’Union africaine pour la santé maternelle et infantile, a choisi de braquer les projecteurs sur cette urgence vitale.
Face aux délégations internationales, il a porté la stratégie des « Trois Zéros », un cadre pensé pour sortir des déclarations de principe et fixer trois priorités directes :
Zéro accouchement non assisté : orienter systématiquement les parturientes vers des structures équipées, loin de l’isolement dangereux des accouchements à domicile.
Zéro décès évitable : systématiser les gestes d’urgence et le matériel de réanimation néonatale dans chaque maternité de district.
Zéro enfant non vacciné : sécuriser la couverture vaccinale dès les premiers jours de vie pour endiguer les maladies évitables.
Cette prise de parole s’appuie sur des données de terrain. Une étude menée dans 30 hôpitaux régionaux tanzaniens et parue dans le New England Journal of Medicine démontre qu’un encadrement rigoureux via le protocole Safer Births Bundle of Care permet de faire chuter la mortalité maternelle intrahospitalière de 75 % (de 240 à 60 décès pour 100 000 naissances), tout en diminuant la mortalité périnatale de 18 %. Un cadre qui fait ses preuves et qui donne corps aux ambitions affichées à New York.
Pour les maternités de Dar es Salaam comme pour celles de l’ensemble du continent, les verrous sont connus : réapprovisionner les banques de sang, former des sages-femmes de première ligne et désenclaver les transports d’urgence ruraux. Autant de leviers identifiés qui permettront de transformer les engagements en résultats concrets sur le terrain.
À la tribune new-yorkaise, le message de la délégation tanzanienne a rappelé une évidence souvent oubliée : aucun objectif de développement ne sera atteint tant que des mères et des nouveau-nés perdront la vie faute de soins de base.





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