Emploi, mobilité, finance, santé, gestion des déchets… Réunis dans le cadre du YangoNFellowship, 24 talents issus de six pays africains ont développé pendant douze semaines des solutions technologiques répondant à des problématiques concrètes, de la conception de la solution à l’élaboration du modèle économique et au prototypage.
L’économie numérique africaine ne se joue pas uniquement dans le déploiement des infrastructures. Elle dépend aussi de la capacité du continent à faire émerger des compétences, des entrepreneurs et des solutions technologiques adaptées à ses marchés. C’est précisément sur ce terrain que s’est achevée à Abidjan l’édition 2026 du programme panafricain Yango Fellowship.
Sélectionnés parmi plus de 600 candidats, 24 participants originaires de Côte d’Ivoire, du Ghana, de Zambie, du Sénégal, d’Éthiopie et du Mozambique se sont retrouvés dans la capitale économique ivoirienne pour deux journées de clôture organisées par Yango Group, entre cérémonie de fin de promotion et Pitch Day. Ils y ont présenté les projets technologiques développés au cours des douze semaines du programme.
L’enjeu des compétences numériques prend une dimension croissante en Afrique de l’Ouest.
En mars 2026, la Banque mondiale a ainsi approuvé une enveloppe de 137 millions de dollars destinée à renforcer l’intégration numérique et à soutenir la création d’emplois au Bénin, au Liberia et en Sierra Leone. Le programme prévoit notamment de soutenir la formation de 9 000 personnes aux compétences numériques et d’élargir les opportunités dans des domaines tels que l’intelligence artificielle, la cybersécurité et l’entrepreneuriat.
Du besoin local au modèle économique
Pendant douze semaines, répartis en six équipes multinationales, ils ont suivi toutes les étapes d’un projet, du cadrage du problème et de la recherche jusqu’à la conception de la solution, l’élaboration du modèle économique, le prototypage et le pitch final. Leurs projets touchent directement le quotidien des populations : paiement sans espèces dans les transports informels, identité financière numérique pour les commerçants du secteur informel, meilleure visibilité sur l’approvisionnement en médicaments pour les agents de santé communautaires, accès à l’emploi par-delà les frontières, collecte et recyclage intelligents des déchets, ou encore analyse à bas coût de la qualité de l’eau pour les communautés rurales.
À Abidjan, ces deux journées ont aussi été un temps de rencontres. Les participants ont pris part à une session consacrée à l’IA au service de l’impact avec Celina Lee, cofondatrice de Zindi, ont bénéficié d’ateliers pratiques de prise de parole en public et de coaching au pitch, etont échangé avec des dirigeants de Yango Group issus de plusieurs marchés africains sur leurBévolution de carrière, l’entrepreneuriat et la création d’entreprises technologiques dans des contextes locaux différents.
Parmi eux, Fredrick Mwepu, étudiant zambien en STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques), a remporté le prix du Meilleur projet individuel, doté de 1 500 dollars, pour RoboCore Zambia.
Développée localement, cette plateforme de robotique vise à rendre l’enseignement pratique des STEM plus accessible et plus abordable.
«En grandissant, je ne voyais les outils pratiques des STEM qu’en vidéo. RoboCore Zambia est né pour combler ce manque, afin que le prochain élève qui a envie de construire quelque chose n’ait pas à attendre la chance que j’ai bien failli ne jamais avoir. Je suis heureux que mon projet ait pu voir le jour. Voyager, rencontrer des participants venus de tous les autres pays et apprendre directement auprès d’experts et de dirigeants de la tech et de l’IA a été une aventure formidable. C’est une expérience que je n’oublierai jamais», confie Fredrick Mwepu.
Emploi, mobilité et recyclage : des solutions pensées pour les marchés africains
Lors du Pitch Day final, les six projets d’équipe et une sélection de projets individuels ont été présentés à un jury d’experts de la technologie, de l’investissement et de l’industrie. Au total, 12 000 dollars de prix ont récompensé les meilleurs projets. L’équipe Africoded a remporté le premier prix collectif (4 500 dollars), avec une plateforme assistée par l’IA qui ouvre aux chercheurs d’emploi africains des opportunités professionnelles transfrontalières, de travail à distance et de développement de carrière sur l’ensemble du continent. L’équipe Harambee s’est classée deuxième (2 500 dollars), avec une plateforme intelligente de collecte et de recyclage des déchets qui relie ménages, collecteurs et recycleurs, et l’équipe Bloom troisième (1 500 dollars), avec African Transit Payment Revolution, un système de paiement des trajets sans espèces pensé pour les transports publics informels d’Afrique de l’Est et de l’Ouest.
Dans la catégorie individuelle, le Ghanéen Meshack Kwame Nartey a reçu le deuxième prix (1 000 dollars) pour Shuttle Smart Ghana, une application qui suit les navettes universitaires et informe les étudiants de leur arrivée en temps réel. Oulimata Rose Dia s’est vu décerner le prix de la Meilleure contribution technique/IA (1 000 dollars) pour Smart Bin Collection,
un système fonctionnant à l’énergie solaire qui mesure en temps réel le niveau de remplissage des bacs à déchets et s’appuie sur la connectivité 2G pour rendre la collecte plus efficace.
«600 candidatures pour 24 places : ce chiffre ne signifie pas que l’Afrique manque de talents, il montre combien de talents attendent un accès structuré au mentorat et aux opportunités.
L’Afrique ne manque pas de jeunes brillants. Ce qui est plus difficile à trouver, c’est un mentor, un réseau et la possibilité de confronter une idée à un problème réel. C’est précisément ce manque que ce programme a vocation à combler», explique Shashi Singh, Directeur des opérations de Yango Ride pour le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Asie.
Les compétences, autre moteur de la croissance numérique africaine
Le programme répond à une réalité plus large : sur le continent, la croissance numérique repose sur les femmes et les hommes, et pas seulement sur les infrastructures. Concevoir et déployer des technologies à l’échelle locale exige des ingénieurs, des entrepreneurs et des professionnels de la tech dotés d’une expérience concrète et d’une bonne compréhension des réalités de leurs marchés. Pour Yango Group, investir dans ces talents est étroitement lié à sa manière de se développer en Afrique : chaque marché a ses propres infrastructures, ses usages et ses besoins, et des entreprises locales solides supposent une expertise locale tout aussi solide. Le programme Yango Fellowship est l’un des leviers par lesquels Yango contribue à renforcer ce vivier de talents, tout en tissant des liens au sein de l’écosystème technologique africain.





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