Bien situé dans la sous-région, le port de Maputo entend tirer parti de sa position pour renforcer sa place dans les échanges commerciaux en Afrique australe. C’est ainsi que la société de gestion du port vient de lancer des travaux de dragage du chenal d’accès, pour un investissement de 150 millions de dollars. L’objectif est de porter la profondeur de cette voie de 14,4 à 15,3 mètres, afin d’améliorer les conditions d’accès et de permettre l’accueil de porte-conteneurs de plus grande taille.
Selon l’Autorité de régulation portuaire, ce chantier s’inscrit dans le programme d’investissement intégré 2026-2030, qui vise à accroître les capacités et à moderniser les infrastructures de ce port stratégique pour le pays. Mais comme la compétitivité d’un port se joue aussi au-delà des quais, cette mise à niveau sera complétée par des investissements à terre pour fluidifier le trafic des poids lourds chargés d’acheminer les conteneurs et les marchandises aux chargeurs (importateurs) et de transporter les cargaisons à l’export.
Le port de Maputo connaît une progression soutenue de son activité, tirée notamment par son statut d’alternative aux ports sud-africains, qui connaissent des contraintes de capacité et des problèmes de congestion. Selon les données officielles, son trafic est passé à 27 millions de tonnes en 2022. En 2025, la plateforme a traité quelque 32 millions de tonnes de marchandises, en hausse de 3,4 % en un an.
L’approfondissement du chenal est l’un des volets d’un programme d’investissement plus large, estimé à environ 2 milliards de dollars et destiné à étendre et moderniser les infrastructures portuaires.
Du côté des installations terrestres, le groupe émirati DP World, concessionnaire du terminal à conteneurs, met en œuvre un programme de 165 millions de dollars pour faire passer la capacité annuelle du terminal de 255 000 à 530 000 conteneurs EVP. Toutefois, ces investissements ne suffiront pas à eux seuls à garantir la compétitivité de la plateforme sur le long terme. Maputo devra également veiller à la fluidité des corridors ferroviaires et routiers qui le relient à son arrière-pays, ainsi qu’à la maîtrise des coûts et des délais de transit. La capacité à coordonner les nouvelles infrastructures maritimes avec les réseaux terrestres sera déterminante pour absorber la hausse des volumes et consolider l’attractivité du port face aux concurrents de la sous-région.





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