Le projet de tramway destiné à Kinshasa et Lubumbashi change d’échelle. Évalué à 9 milliards de dollars, le programme doit encore préciser son montage financier et la répartition des investissements entre les deux villes. À Bruxelles, les promoteurs ont franchi une nouvelle étape avant le lancement des travaux.
Le chiffre donne le vertige. Le futur réseau de tramway de Kinshasa et Lubumbashi est désormais estimé à 9 milliards de dollars, soit près de 7,94 milliards d’euros. Le montant a été communiqué par le ministère congolais des Infrastructures et Travaux publics à l’issue d’une réunion tenue le 24 septembre à Bruxelles entre le ministre John Banza Lunda et les entreprises du consortium chargé du projet.
Au menu : les derniers arbitrages techniques et administratifs avant le passage à la phase d’exécution. Mais plusieurs inconnues demeurent. Kinshasa et Lubumbashi ne disposent toujours pas d’une ventilation précise de l’enveloppe annoncée. Les modalités définitives de financement, elles aussi, n’ont pas été détaillées.
Sept lignes au programme
Le réseau projeté doit compter sept lignes interconnectées. À Kinshasa, l’un des axes les plus emblématiques prévoit une liaison express, partiellement souterraine, entre la Gombe et l’aéroport international de N’djili. Pour Lubumbashi, les tracés restent encore à préciser.
Cette absence de ventilation empêche pour l’heure de mesurer le coût réel de chaque composante du programme. Elle donne néanmoins la mesure des ambitions affichées par les autorités congolaises pour transformer la mobilité urbaine.
Kinshasa, principal défi
Dans la capitale, l’enjeu est particulièrement sensible. Avec plus de 21 millions d’habitants en 2026 selon World Population Review, Kinshasa fait face à une croissance urbaine rapide et à une demande de mobilité qui dépasse largement les capacités actuelles de transport. La Banque mondiale relève notamment les difficultés d’accès aux transports et aux emplois, dans un environnement marqué par une offre insuffisante et peu adaptée.
Le tramway doit donc apporter une capacité supplémentaire sur les principaux corridors desservis. Son efficacité dépendra toutefois de plusieurs paramètres : localisation des stations, fréquence des rames, tarification et articulation avec les modes de transport existants.
L’enjeu de l’intermodalité
Le ministère prévoit précisément une connexion du futur réseau avec les motos, les taxis-bus et le réseau routier. Un choix stratégique dans une ville où ces modes assurent déjà une grande partie des déplacements. Leur complémentarité avec le tramway devra notamment permettre de résoudre la question du premier et du dernier kilomètre.
Sur le plan technique, le chantier prévoit par ailleurs le recours à des tunneliers, des dispositifs de lutte contre les inondations et une alimentation électrique dédiée. Reste à connaître le coût de chacun de ces équipements et, surtout, la manière dont ils seront intégrés dans l’enveloppe globale de 9 milliards de dollars.





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