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Burkina Faso, vers un autre mandat de «Blaise» ?

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Blaise Compaoré, président du Faso.jpg...Une quarantaine de partis politiques viennent de créer, au Burkina Faso, un Front républicain présenté comme « la volonté de dialogue » et « l’esprit d’ouverture » du parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP).

Toutefois, d’aucuns considèrent qu’un tel regroupement politique a pour objectif d’obtenir la modification de l’article 37 de la Constitution, ouvrant ainsi la voie à la mise en place d’un sénat et à la possibilité d’un cinquième mandat présidentiel pour Blaise Compaoré. Contre cette réforme constitutionnelle, l’opposition s’organise mais ne semble pas disposer de moyens suffisants pour empêcher l’idée d’un référendum entérinant cette idée qui fait son chemin. Pourtant la question devrait être tranchée de la manière la plus démocratique possible. Le référendum est, par essence, l’expression de la volonté du peuple. Rien de tel pour départager le CDP, tout comme les autres membres du Front républicain, avec une opposition qui soutient que le peuple est contre la modification de l’article 37 ! Un paradoxe qu’Assimi Kouanda, secrétaire exécutif national du CDP, met à nu : « C’est au nom du peuple que nous gouvernons, et c’est toujours au nom du même peuple que d’autres s’opposent, alors laissons le peuple décider », pour paraphraser le révolutionnaire français Dante. L’hostilité de l’opposition à tout débat sur la révision de la constitution, prélude à un nouveau mandat de Compaoré, est en fait dictée par sa peur de voir le peuple valider le bilan, largement positif, de celui qui a fait du Burkina Faso ce qu’il est aujourd’hui. Dans l’entretien du 7 juin 1998 accordé à trois représentants des principaux médias du Burkina Faso, à la veille de l’ouverture du 34ème Sommet de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), feu S.M. le Roi Hassan II parlait du président Blaise Compaoré : « pour l’instant, la dernière fois que je l’ai vu, son souci premier c’était le monde rural, les aléas climatiques. Ce n’est pas le Maroc qui le lui reprochera, parce que nous aussi, nous sommes l’objet d’aléas climatiques. Comment assurer un minimum de développement continu campagne/ ville, entre populations urbaines et rurales ? C’était son souci, et il me le disait la dernière fois ».

En plus du fait que le président du Faso a marqué de son empreinte les différentes crises du Continent, en s’imposant comme le négociateur en chef, ses vingt-cinq ans de pouvoir lui ont permis de parvenir à ce qui est l’essentiel, à ses yeux: faire du Burkina Faso un pays qui se modernise, qui a accompli d’importants progrès, sur les plans tant démocratique qu’économique et social. Le Burkina est devenu un pays stable, uni et ouvert qui compte plus en Afrique et au-delà de ce que son poids économique pouvait laisser supposer. Un pays dont les perspectives sont bonnes. Ici, le rôle de Blaise Compaoré apparait dans la résolution de la crise au Mali, la situation en Côte d’Ivoire et dans plusieurs autres foyers de tension. Vingt-cinq ans après son arrivée au pouvoir, « Blaise » est un chef d’État craint ou respecté. « (…), le président Compaoré m’a fait l’impression d’un homme qui, de plus en plus, prend conscience des tâches qu’il doit accomplir et de son agenda. Il a « un carnet de commandes », si on peut employer ce terme, parce que nous avons tous des « carnets de commandes ». Il a un carnet de commandes chargé. (…) Il est très didactique, très observateur, et ce qui est important dans ce poste qu’il occupe comme nous tous, c’est que, ma foi, il a une certaine culture du relatif. Ce qui permet chaque fois de pouvoir corriger le cap sans trop forcer sur les encablures pour parler en termes de navigation », poursuit le texte de l’entretien accordé par feu Hassan II aux trois représentants des principaux médias du Burkina Faso. Cette vision du développement entamé dans son pays, le président du Faso voudrait bien la voir transposée à l’ensemble du Continent. Il l’évoquait, d’une manière très lucide, en 2012, en ces termes : «L’Afrique a pris beaucoup de retard, en termes politiques, économiques et de développement. Elle a besoin de s’ouvrir au monde, de soutien, mais aussi de compréhension. L’aide que nous attendons c’est… de faire en sorte que nous ayons de moins en moins besoin d’aide, de subsides, justement. Cela signifie des investissements, de la formation, des transferts de technologie, etc. »

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Le secret de sa réussite en vingt-cinq ans de pouvoir se trouve résumé en ces mots: « Je n’ai pas de regret. J’ai commis des erreurs, sans aucun doute. Mais moi, j’ai besoin d’avancer, de me projeter, de faire preuve d’audace, pas de ressasser le passé. Et souvent une erreur vous fait mille fois plus progresser qu’un succès.» Alors Blaise Compaoré pour un cinquième mandat, pourquoi pas ?

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