Le gouvernement du Sénégal envisage d’introduire une taxe sur les transactions de mobile money dans le cadre de son plan de redressement économique 2025–2028.
Avec ce projet, s’il est maintenu, le gouvernement risque d’annihiler les retombées des acquis pour la population non bancarisée du pays, soit 76 %. Une taxe généralisée sur le mobile money aurait des effets contre-productifs comme le montrent de nombreux exemples de pays qui ont taxé et ont fini par revenir sur leur décision
Le taux de bancarisation au Sénégal était d’environ 23-24% en 2024, selon différentes sources fiables. Si l’on élargit à l’inclusion financière, en incluant des services comme la microfinance et la monnaie électronique, le taux atteint environ 80% à fin 2023. C’est ce ratio qu’une taxe comme celle que le gouvernement pourrait appliquer pour renflouer ses caisses qui risque d’être détricoté
Inclusion financière menacée aussi bien pour les particuliers que les PME, TPE
Selon plusieurs sources concordantes au Sénégal, plus de 90 % des adultes utilisent le mobile money. Une hausse des coûts, comme le prévoit le projet gouvernemental de taxation des flux financiers générés par le mobile money, risquerait d’exclure des millions de personnes. Conséquence de cette stratégie : mettre en situation de précarité ou pire encore de pauvreté cette classe économique et sociale- ménages et PME (familles à faibles revenus, femmes commerçantes, étudiants et petites entreprises)- que le plan gouvernemental cherche à relever le niveau de vie via sa politique de répartition des revenus.
Impact négatif sur les recettes publiques
Selon l’Association sénégalaise des Établissements de Paiement et des Émetteurs de Monnaie électronique (ASEPAME), les expériences dans plusieurs pays africains en matière de taxation des flux financiers générés par le mobile money ne sont pas concluantes. En Tanzanie, l’introduction d’une taxe de 1% sur les volumes en juillet 2021 a provoqué une chute de 38% des transactions de personne à personne, contraignant le gouvernement à réduire la taxe face aux impacts négatifs. L’assiette fiscale du secteur a finalement diminué de plus de 20% en deux ans. Le cas de l’Ouganda est pire encore : la taxe de 1% instaurée par ce pays de l’Afrique de l’Est en juillet 2018 a entraîné une chute vertigineuse de 60% des volumes, obligeant les autorités à la ramener à 0,5% uniquement sur les retraits. Malgré cet ajustement, le volume global restait en baisse de 25% deux ans après son introduction. Conséquence : nombreuses sont les PME, TPE qui ont quitté le secteur formel pour retourner au secteur informel. Et cela s’est ressenti fortement sur les recettes fiscales.
Pour ne rappeler que les cas des pays de l’Afrique de l’Est, il était également prévu d’augmenter la taxe sur les transactions financières dont celles de mobile money au Kenya dans la loi des finances de 2024 avant que le gouvernement du Prédisent Ruto n’y renonce sous la pression des manifestions violentes.












Un commentaire
The article highlights a crucial issue regarding mobile money taxation in Senegal. Its concerning to see how such a policy could undermine financial inclusion and harm vulnerable populations. The examples from other African countries are eye-opening and should serve as a warning against this short-sighted approach.