Le financier camerounais Alain Nkontchou prend les commandes de l’actionnariat d’Ecobank. Après le feu vert de la Commission bancaire de l’UMOA, son véhicule d’investissement Bosquet Investments rachète la participation historique de Nedbank et s’impose comme le premier actionnaire du groupe bancaire panafricain. Une opération qui redessine durablement l’équilibre du capital d’ETI.
Ecobank Transnational Incorporated (ETI) vient de franchir une étape majeure dans son histoire actionnariale. Réuni à Lomé à l’occasion de la 38e Assemblée générale annuelle du groupe, le président du conseil d’administration, Papa Madiaw Ndiaye, a annoncé la finalisation de l’entrée de Bosquet Investments Limited au capital de la banque.
Cette opération a été rendue possible après l’approbation officielle de la Commission bancaire de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), permettant à la société d’investissement d’Alain Nkontchou d’acquérir la participation de 21,22 % jusque-là détenue par le groupe bancaire sud-africain Nedbank.
Avec 5,25 milliards d’actions ETI en portefeuille, Bosquet Investments devient désormais le premier actionnaire du groupe, devant Qatar National Bank (20,10 %) et Arise B.V. (14,10 %).
Alain Nkontchou renforce son emprise sur Ecobank
L’influence du financier camerounais ne se limite toutefois pas à cette seule participation. Son fonds Enko Opportunity Growth PCC détenait déjà 2,83 % du capital d’Ecobank.
En cumulant les deux positions, Alain Nkontchou contrôle désormais une exposition totale d’au moins 24,05 % du capital d’ETI, consolidant ainsi sa place de principal actionnaire de référence du groupe bancaire panafricain.
«La Commission bancaire de l’UMOA a donné son feu vert pour la finalisation de la transaction Bosquet Investments », a déclaré Papa Madiaw Ndiaye, saluant l’arrivée du nouvel investisseur tout en rendant hommage à Nedbank pour ses années d’engagement au sein d’Ecobank.
La fin d’une page pour Nedbank
Cette transaction trouve son origine dans la stratégie de recentrage adoptée par Nedbank. En août 2025, la banque sud-africaine avait annoncé sa décision de céder sa participation historique dans Ecobank pour un montant de 1,8 milliard de rands, soit environ 102 millions de dollars.
L’opération avait été finalisée du côté du vendeur dès décembre 2025 après l’obtention des autorisations réglementaires au Nigeria. Restait alors l’approbation de la Commission bancaire de l’UMOA, qui a poursuivi l’examen du dossier pendant plusieurs mois avant de donner son accord définitif.
Cette sortie marque la fin de dix-sept années de présence de Nedbank au capital d’Ecobank. Le groupe sud-africain entend désormais concentrer ses ressources sur ses marchés stratégiques d’Afrique australe et orientale, notamment à travers son projet d’acquisition d’environ 66 % du groupe bancaire kényan NCBA Group pour 13,9 milliards de rands.
Le retour au premier plan d’un homme de la maison
L’arrivée de Bosquet Investments au sommet de l’actionnariat consacre également le retour en force d’une personnalité déjà bien connue de l’institution.
Administrateur d’ETI depuis 2014, Alain Nkontchou a occupé la présidence du conseil d’administration entre 2020 et 2024 avant de transmettre le flambeau à Papa Madiaw Ndiaye. Son accession au rang de premier actionnaire renforce davantage son influence sur l’avenir stratégique du groupe.
Fondateur de Bosquet Investments et cofondateur, avec son frère Cyrille Nkontchou, du gestionnaire d’actifs panafricain Enko Capital, il figure aujourd’hui parmi les investisseurs les plus influents du continent. Enko Capital gère près de 1,2 milliard de dollars d’actifs à travers différentes stratégies d’investissement en Afrique.
Une nouvelle ère pour Ecobank
Pour Ecobank, cette recomposition du capital ouvre un nouveau chapitre. L’arrivée d’un investisseur profondément familiarisé avec les enjeux et la gouvernance du groupe est perçue comme un facteur de stabilité et de continuité.
Le conseil d’administration a exprimé son souhait de voir Bosquet Investments jouer un rôle d’actionnaire engagé et constructif afin d’accompagner la stratégie de croissance de la banque tout en préservant les intérêts de l’ensemble des parties prenantes.
Cette évolution intervient dans un contexte de transformation accélérée du paysage bancaire africain, marqué par une consolidation croissante du secteur, une concurrence renforcée entre groupes régionaux et internationaux, ainsi qu’une recherche permanente de rentabilité et d’expansion sur les marchés du continent.





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