Après la suspension de ses vols et la réduction progressive de ses activités, Air France franchit une nouvelle étape au Mali. La compagnie aérienne française a décidé de fermer sa représentation locale à Bamako, confirmant son désengagement opérationnel dans un contexte régional toujours marqué par les tensions sécuritaires et géopolitiques.
Air France a acté la fermeture de sa représentation locale au Mali. L’information a été révélée par Agence Presse Afrique, qui cite un courrier adressé à la Direction générale de la société ATS, partenaire local de la compagnie.
Signée par Awa Traoré Diakité, directrice pays d’Air France au Mali, la correspondance annonce officiellement cette décision tout en saluant la qualité des relations entretenues avec les partenaires locaux au fil des années.
Vers une gestion entièrement à distance
Avec cette fermeture, Air France met fin à plusieurs décennies de présence physique dans la capitale malienne. Désormais, les demandes d’assistance et les échanges commerciaux seront traités via le «Help Desk AGV», une plateforme en ligne destinée aux agences de voyages.
Cette réorganisation traduit la volonté de la compagnie de gérer à distance ses relations avec le marché malien, dans un contexte où ses activités sur place sont quasiment à l’arrêt.
Un retrait progressif depuis la suspension des vols
La fermeture de la représentation locale s’inscrit dans une dynamique de réduction progressive de la présence d’Air France au Mali. La compagnie n’a jamais repris ses opérations depuis la suspension de ses vols, le 7 août 2023.
Avant cette interruption, Air France assurait sept rotations hebdomadaires entre Paris et Bamako, contre cinq vers Ouagadougou et quatre vers Niamey. Ces dessertes avaient été suspendues dans le sillage de la fermeture de l’espace aérien nigérien et de la dégradation de la situation géopolitique dans l’ensemble de la région sahélienne.
Bamako, une ligne stratégique autrefois très fréquentée
Avant la suspension de ses activités, la liaison Paris-Bamako figurait parmi les axes majeurs du réseau africain d’Air France. Lors de la reprise des opérations en février 2022, la compagnie exploitait un vol quotidien entre l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle et Bamako à bord d’un Boeing 777-200ER.
Selon les configurations de l’appareil, la capacité oscillait entre 280 et 312 sièges par vol, soit entre 1 960 et 2 184 sièges hebdomadaires dans le sens Paris-Bamako, représentant plus de 4 000 sièges aller-retour chaque semaine.
Une reprise avortée en 2023
À l’automne 2023, Air France avait pourtant envisagé un retour partiel sur le marché malien. La compagnie prévoyait alors d’assurer trois vols directs hebdomadaires entre Paris-Charles-de-Gaulle et Bamako grâce à un Boeing 777-200ER affrété auprès d’EuroAtlantic Airways.
Mais ce projet n’a jamais abouti. Les autorités maliennes avaient maintenu la suspension des opérations le temps d’examiner le dossier, reprochant à la compagnie française d’avoir interrompu ses vols de manière unilatérale.
La fermeture de la représentation locale apparaît ainsi comme le symbole d’un éloignement croissant entre Air France et le Mali, alors que les incertitudes sécuritaires et diplomatiques continuent de redessiner le paysage du transport aérien dans le Sahel.





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