L’Égypte accueille depuis vendredi 2 octobre une douzaine de dirigeants africains à El-Alamein (nord) pour un sommet économique inaugural de trois jours, placé sous le signe du renforcement des coopérations Sud-Sud.

Ce rendez-vous « est une plateforme africaine », a déclaré à l’AFP le vice-ministre des Affaires étrangères chargé des affaires africaines, Mohamed Abou Bakr Saleh. « L’Afrique dispose de vastes ressources, mais elles ne sont pas encore exploitées au niveau que nous souhaiterions », a-t-il ajouté, précisant qu’un pays d’Afrique de l’Est devrait pouvoir signer un accord avec un pays de l’Ouest, du Nord ou du Sud grâce à cette initiative, qui a vocation à devenir une biennale sous l’égide de l’Union africaine.
La participation de plus de 20 chefs d’État et responsables gouvernementaux, ainsi que des dirigeants d’entreprises, de banques et d’institutions de développement en Afrique, était attendue à ce sommet inaugural.
Le Caire mise sur cet événement pour renforcer son poids diplomatique en Afrique, après s’être principalement tournée ces dernières années vers les pays de la Méditerranée et du Golfe.
Toutefois, le commerce intra-africain reste limité : il s’élevait à 192 milliards de dollars en 2023, soit environ 15 % du commerce total du continent, contre plus de 55 % avec l’Asie et plus de 70 % avec l’Europe. Par ailleurs, l’Afrique a attiré environ 70 milliards de dollars d’investissements directs étrangers (IDE), une fraction des 1 600 milliards de dollars investis à l’échelle mondiale, selon les Nations unies.
Les investissements égyptiens en Afrique sont, eux, estimés à environ 14 milliards de dollars, couvrant des secteurs tels que la construction, l’énergie, l’industrie pharmaceutique, la logistique et l’agriculture.
Parmi les projets pharaoniques du Caire figure le barrage hydroélectrique Julius Nyerere en Tanzanie (est), un chantier controversé de 3 milliards de dollars réalisé par un consortium dirigé par des entreprises égyptiennes.
Dans un contexte de tensions persistantes avec Addis-Abeba au sujet du Grand barrage éthiopien de la Renaissance sur le Nil — que l’Égypte estime menacer sa souveraineté hydrique —, le Caire cherche également à diversifier ses soutiens politiques auprès de ses partenaires africains.
[Avec AFP





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