Le Caire a signé avec le Fonds international de développement agricole (FIDA) deux accords d’un montant global de 65,32 millions de dollars, destinés à aider les petits producteurs à mieux gérer l’eau, accroître leurs revenus et s’adapter aux changements climatiques. Cérémonie organisée lundi 2 novembre au Caire en présence du ministre égyptien des Affaires étrangères, de la coopération internationale et des Égyptiens à l’étranger, Badr Abdelatty, du ministre des Ressources hydriques et de l’Irrigation, Hany Sweilam, et du vice-ministre de l’Agriculture et de la mise en valeur des terres, Mostafa Al Sayyad.
Derrière ces financements, l’ambition affichée du Caire : faire de l’Égypte un pôle de référence agricole pour l’Afrique et le Moyen-Orient.
90 000 ménages ruraux concernés
Le premier accord finance le projet de gestion de l’eau en exploitation résiliente aux changements climatiques dans la vallée du Nil (CROWN), doté de 64,85 millions de dollars par le FIDA. Le projet touchera quelque 90 000 ménages ruraux dans les gouvernorats de Beni Suef et de Minya, avec une gestion améliorée de l’eau sur 30 000 feddans, soit environ 12 600 hectares.
Concrètement, CROWN associe infrastructures modernes d’irrigation et de drainage, pratiques agricoles climato-compatibles, renforcement des organisations paysannes et meilleur accès aux marchés et aux services financiers. Les femmes et les jeunes sont explicitement visés par l’amélioration de l’accès aux services, aux technologies et à l’emploi. Le projet s’articule à l’initiative présidentielle Hayah Karima et au programme national Nexus Eau-Alimentation-Énergie (NWFE). La fiche projet du FIDA précise une phase centrale de sept ans, approuvée par le rapport du président du 18 novembre 2024.
L’Égypte, hub agricole régional
Le deuxième accord, d’un montant modeste de 470 000 dollars, porte le projet Positioning Egypt for Agricultural Resilience and Leadership (PEARL). Financé par le Mécanisme de coopération Sud-Sud et triangulaire Chine-FIDA, il vise à revitaliser le Centre international égyptien pour l’agriculture, à moderniser les formations et à promouvoir des solutions numériques. Il devrait bénéficier directement à 2 000 personnes, via des échanges régionaux de connaissances et une concertation sur les politiques.
« Les investissements dans le secteur de l’eau produisent des résultats durables lorsque les agriculteurs disposent également des connaissances, des financements et des débouchés commerciaux nécessaires pour rendre leurs exploitations plus productives et plus résilientes », a déclaré Naoufel Telahigue, directeur régional du FIDA pour le Proche-Orient, l’Afrique du Nord, l’Europe et l’Asie centrale.
Un partenariat de près de cinq décennies
Ces accords prolongent une coopération engagée depuis l’adhésion de l’Égypte au FIDA en 1977. Partie de la vallée et du delta du Nil, elle s’est progressivement étendue aux terres mises en valeur et aux communautés désertiques. À l’échelle mondiale, le FIDA et ses partenaires investissent actuellement près de 23 milliards de dollars dans la transformation des économies rurales.
Au-delà des montants, l’enjeu est connu : avec moins de 600 mètres cubes d’eau disponibles par habitant et par an selon les seuils internationaux de pénurie, l’Égypte est l’un des pays les plus exposés au stress hydrique du continent. La question n’est pas de savoir si le Caire investira davantage dans l’irrigation, mais si ces projets tiendront leurs promesses de rendement face à une ressource qui se raréfie.

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