Le Fonds international de développement agricole (FIDA) s’est joint hier, 21 octobre, au Gouvernement du Cameroun, au Groupe de la Banque mondiale et aux partenaires du développement pour lancer le Pacte national AgriConnect. Ce cadre d’action vise à accélérer la transformation agropastorale et agroalimentaire, renforcer la sécurité alimentaire, créer des emplois, notamment pour les jeunes et les femmes, et mobiliser les investissements publics et privés.
Trois piliers pour structurer le secteur
Le Pacte repose sur trois fondements : renforcer les bases du secteur agroalimentaire, accélérer les réformes politiques et réglementaires et faciliter l’accès des producteurs et des entreprises au financement. Il ciblera huit chaînes de valeur : riz, maïs, manioc, palmier à huile, cacao, soja, élevage laitier et aquaculture.
« Le FIDA est fier d’être partenaire fondateur de l’initiative AgriConnect. Nous restons pleinement engagés aux côtés du Gouvernement du Cameroun et de nos partenaires pour mettre notre expérience et nos investissements au service de cette ambition commune, notamment en soutenant l’entrepreneuriat agropastoral des jeunes, le développement de chaînes de valeur inclusives, l’accès au financement rural et le renforcement de la résilience face aux changements climatiques », a déclaré Eric Rwabidadi, Directeur de pays du FIDA, qui s’exprimait lors de la cérémonie au nom du Coordonnateur résident du Système des Nations Unies au Cameroun.
Un secteur qui pèse 17 % du PIB et 42 % de l’emploi
Élaboré conjointement par le Gouvernement et le Groupe de la Banque mondiale, en collaboration avec le secteur privé et les partenaires de développement, le Pacte vise à accélérer la mise en œuvre des priorités nationales du Cameroun. Il s’appuie sur la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), la Stratégie de développement du secteur rural/Plan national d’investissement agricole (SDSR/PNIA) et le Plan intégré d’import-substitution agro-pastoral et halieutique (PIISAH).
Au Cameroun, le secteur agroalimentaire représente environ 17 % du PIB et 42 % de l’emploi, soit quelque 4,7 millions d’actifs. Son développement reste freiné par un accès limité aux intrants de qualité, aux infrastructures, aux technologies, aux marchés et aux financements. Les importations alimentaires absorbent en moyenne 3,5 % du PIB par an, soulignant le potentiel d’une production et d’une transformation locales accrues.
24 interventions pour 1,87 milliard d’USD
D’ici à 2030, le Pacte vise à augmenter la production annuelle de maïs à 6 millions de tonnes et la production d’huile de palme à 800 000 tonnes, à atteindre un taux d’autosuffisance en riz de 55 %, à couvrir 60 % de la demande nationale en lait et à hausser la production de produits halieutiques à 450 530 tonnes. Il ambitionne de réduire de 28 % la facture des importations alimentaires, pour la faire passer d’environ 1,6 milliard à 1,15 milliard d’USD.
Le Pacte prévoit 24 interventions couvrant les semences, la mécanisation, l’irrigation, les infrastructures rurales et de stockage, la transformation, la chaîne du froid, la vulgarisation, le numérique, le foncier, les réformes réglementaires et le financement. Les interventions actuellement chiffrées nécessitent environ 1,87 milliard d’USD sur 2026-2030.
Le FIDA contribuera à ces priorités en s’appuyant sur son portefeuille d’investissements et son expertise en matière de développement rural inclusif, renforçant ainsi sa présence stratégique au Cameroun aux côtés des autorités et des autres partenaires techniques et financiers.





Cameroun





