Malgré l’impact des turbulences géopolitiques au Moyen-Orient sur l’économie du pays, l’agence S&P Global Ratings a confirmé vendredi 9 octobre la notation de crédit souverain à long et court terme de l’Égypte, en devises étrangères et locales, à « B/B ». Les perspectives sont stables.
Ces dernières reflètent l’équilibre entre les perspectives de croissance à moyen terme de l’Égypte et la dynamique des réformes, d’une part, et les risques liés à un conflit prolongé au Moyen-Orient, d’autre part, justifie l’agence S&P Global Ratings (Standard & Poor’s).
L’agence de notation ne signe pas pour autant un chèque en blanc à l’Égypte. Ses analystes préviennent qu’ils pourraient dégrader la notation du Trésor égyptien « si l’engagement du gouvernement en faveur des réformes structurelles, notamment la flexibilité du taux de change, s’affaiblit et si les déséquilibres économiques (pénurie des devises) venaient à s’aggraver ». Idem si les coûts d’intérêt, déjà élevés, exercent une lourde pression sur les finances publiques, ou si les tensions géopolitiques entravent l’accès de l’Égypte aux marchés extérieurs.
Des mesures préventives efficaces
S&P Global Ratings salue l’efficacité des mesures préventives ayant permis d’atténuer les pressions liées au conflit au Moyen-Orient. Dans les mois qui ont suivi le début du conflit entre l’Iran, les États-Unis et Israël, les sorties de capitaux avaient atteint 9,5 milliards de dollars, plongeant la livre égyptienne de 15 % par rapport au dollar. Cependant, une réponse rapide et globale a contribué à stabiliser les conditions du marché, enrayant une grande partie de la volatilité de la monnaie et favorisant le bon fonctionnement du marché des changes, constate l’agence de notation financière américaine.
Ces mesures comprenaient, entre autres, le maintien de la flexibilité du taux de change, des mesures d’économie d’énergie et des ajustements des tarifs des carburants et de l’électricité, accompagnés d’un soutien social ciblé. Cette discipline politique a également renforcé les performances budgétaires, les autorités ayant dépassé leurs objectifs fixés par le FMI et dégagé un excédent primaire de 4,9 % du PIB pour l’exercice 2026 (clos le 30 juin).
Les avoirs officiels de réserve se sont renforcés malgré un affaissement temporaire après le choc. Les recettes du canal de Suez ont poursuivi leur redressement, atteignant 3,4 milliards de dollars au cours des neuf premiers mois de l’exercice 2026, contre 2,8 milliards sur la même période de l’exercice 2025.
Par ailleurs, le retour des flux de capitaux a permis à la Banque centrale d’Égypte (BCE) d’acheter des devises étrangères sur le marché, portant ainsi ses réserves internationales à un niveau record de 54,5 milliards de dollars en septembre 2026. Le secteur bancaire continue également de jouer un rôle d’amortisseur extérieur important, ses avoirs nets en devises étrangères atteignant un sommet en six ans, à 31,2 milliards de dollars.
Le PIB croîtrait de 5,1 % en 2026, le déficit budgétaire maîtrisé
La croissance est restée dynamique malgré les difficultés liées au contexte régional. Le PIB réel a progressé de 5,1 % au cours de l’exercice 2026, enregistrant ainsi la plus forte croissance économique du pays en trois ans. Cette expansion a été portée par l’industrie manufacturière hors pétrole, le commerce de gros et de détail, les technologies de l’information et de la communication, et le tourisme.
Du côté de la demande, la consommation des ménages s’est imposée comme le principal moteur de cette croissance, soutenue par des envois de fonds records, un ralentissement de l’inflation et la stabilité du marché du travail. S&P Global Ratings prévoit un ralentissement de la croissance à 4,5 % au cours de l’exercice 2027.
La gestion rigoureuse des finances publiques a permis de contenir le déficit budgétaire à 5,8 % du PIB et de dégager un excédent primaire de 4,9 % du PIB pour l’exercice 2026. Les données préliminaires indiquent que les mesures soutenues par le FMI visant à élargir l’assiette fiscale, à lutter contre la fraude fiscale et à simplifier le règlement des litiges fiscaux ont généré des recettes supplémentaires équivalentes à 0,9 % du PIB pour l’exercice 2026.





Égypte

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