Il est de tradition en France et plus généralement dans le monde Francophone de donner l’appellation docteur uniquement aux docteurs en médecine. Il est temps de promouvoir l’excellence et de mettre en valeur tous les docteurs en leur permettant d’afficher leur titre académique en société. Symboles de la recherche de la connaissance et du savoir, ils doivent être montrés en exemples à nos jeunesses en quête de repères.

Chaque année des milliers d’étudiants, jeunes et moins jeunes, soutiennent des thèses de doctorat dans l’espace Francophone. Si le doctorat en médecine est le plus connu par la population, les autres disciplines sont beaucoup moins présentes dans l’imaginaire collectif. Certains n’imaginent ainsi pas que l’on puisse être docteur en mathématiques, en sciences physiques, en gestion, en ethnologie, en lettres ou en sciences humaines. Pour un certain nombre d’entre eux, être docteur, c’est forcément être médecin, voire chirurgien-dentiste ou encore vétérinaire. Certains sont même étonnés de voir sur les devantures des officines de leurs pharmaciens que ces derniers sont également titulaires d’un doctorat. Une bien drôle de situation qui amène à mettre sur un piédestal les filières menant aux professions médicales (qui ont pour champs d’activité il est vrai un champ noble qui est celui de la santé humaine) en délaissant les autres disciplines.
Cet état de fait pousse par exemple un certain nombre de docteurs à afficher sur leur curriculum vitae (par exemple les fiches LinkedIn) ou leurs cartes de visite la mention anglo-saxonne « PhD », Doctor of Philosophy, une façon détournée de pouvoir se prévaloir d’un titre légitime et très souvent amplement mérité.
Dans le monde Francophone heureusement à l’inverse de la France métropolitaine, de jeunes docteurs sensibles aux coutumes académiques anglo-saxonnes n’hésitent pas à se libérer du carcan culturel Francophone et à afficher leur titre. Les chercheurs, économistes et politistes africains intervenant dans les médias audiovisuels ou des publications écrites, plus ouverts à la mondialisation, en sont des illustrations criantes. Mais le mouvement est encore timide, il faut bien le reconnaître.
Sous d’autres cieux, un docteur est un docteur…
Dans le monde anglo-saxon, il est courant, voire normal de nommer les docteurs par leur titre. Le monde du cinéma Hollywoodien regorge d’exemples de rôles dans lesquels les personnages sont désignés par leur titre universitaire sous le nom de « Doc ». Nous nous souvenons tous par exemple du film « Retour vers le futur » et du personnage de « Doc », censé être titulaire d’un doctorat en physique nucléaire. La recherche du savoir est reconnue et respectée.
En Allemagne, on voit souvent les personnalités publiques arguer avec fierté de leur titre de Docteur et parfois de Professeur-Docteur. Les formulaires de la vie courante comme les fiches administratives d’hôtel par exemple ouvrent la possibilité d’y faire référence.
Une tradition Francophone qu’il convient de transgresser
La rédaction d’une thèse de doctorat est un travail de longue haleine. Elle nécessite de la ténacité, de la rigueur et de la détermination. En effet, il s’agit d’un effort au long cours soumis aux aléas de la recherche scientifique, mais aussi à ceux de la vie personnelle et matérielle du doctorant. Le thésard ne dispose pas toujours d’un financement (« environ 3 doctorants sur 4 inscrits en première année bénéficient d’un financement pour leur thèse » en France ) et doit parfois cumuler emploi et travail de recherche. Le parcours est ponctué de moments difficiles, de blocages, de stress, de doutes et remises en question, etc.
La thèse d’un doctorat de recherche est différente d’une thèse d’exercice comme en médecine, chirurgie dentaire ou pharmacie. Cette dernière se veut un travail respectable et rigoureux qui a pour objectif d’apporter un point final à un cursus riche et dense. Toutefois, très souvent et cela est assez logique, elle s’avère une formalité.
Soulignons l’intéressante démarche des autorités françaises visant à instaurer un serment doctoral d’intégrité scientifique. Ce dernier revêt une forte vocation symbolique et sa mise en œuvre est aujourd’hui entrée en vigueur. Les docteurs pourront l’invoquer pour refuser d’effectuer des actions non conformes avec les principes de l’intégrité scientifique dans leur travail quotidien. Il s’agit d’un serment universel et qui concerne l’ensemble des établissements et des disciplines. Un acte qui ne va sans rappeler le serment d’Hippocrate si cher aux professons de santé…
Tous les titulaires de thèse de doctorat apportent par définition un supplément de connaissance à leur discipline et au savoir en général. Souvenons-nous ces publications renforcent le rayonnement d’un pays au sein dans des champs disciplinaires précis et d’une certaine façon constituent des éléments contributifs de la puissance d’une nation. A ce titre, les titulaires d’un doctorat ne méritent-ils pas une considération juste de la part de la société ?




![Francophones, à l’image des anglo-saxons, il est temps de respecter et de valoriser nos docteurs ! [Par Gilles Djeyaramane] Dans le monde anglo-saxon, il est courant, voire normal de nommer les docteurs par leur titre. Le monde du cinéma Hollywoodien regorge d’exemples de rôles dans lesquels les personnages sont désignés par leur titre universitaire sous le nom de « Doc ». Nous nous souvenons tous par exemple du film « Retour vers le futur » et du personnage de « Doc », censé être titulaire d’un doctorat en physique nucléaire.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2023/12/PhD-.jpg)
France
