Le groupe saoudien Red Sea Gateway Terminal (RSGT) lorgne le port du Cap, où il envisage de décrocher une concession de 25 ans pour rénover et exploiter un terminal. Une opération qui illustre la montée en puissance des capitaux du Golfe dans les infrastructures logistiques africaines, alors que Pretoria cherche d’urgence à remettre ses ports à niveau.
Le groupe saoudien RSGT pourrait bientôt renforcer sa présence en Afrique australe. L’opérateur envisage une concession de 25 ans pour moderniser puis exploiter un terminal du port du Cap, l’un des principaux points d’entrée et de sortie des marchandises sud-africaines.
Le projet s’inscrit dans la stratégie engagée par Pretoria pour attirer davantage de capitaux et de savoir-faire privés dans la gestion de ses infrastructures portuaires. Objectif : augmenter les capacités de traitement du fret et enrayer les contre-performances qui pénalisent depuis plusieurs années la logistique du pays.
Pour l’opérateur saoudien, l’enjeu est également stratégique. Une implantation au Cap offrirait à RSGT un nouveau point d’ancrage sur l’une des routes commerciales majeures reliant l’Afrique australe aux marchés internationaux.
Pretoria veut sortir ses ports de l’ornière
Les ports sud-africains sont devenus l’un des maillons faibles de l’économie nationale. Retards, congestion et insuffisances des équipements ont pesé sur la fluidité des échanges, avec des conséquences directes pour les exportateurs et les importateurs.
Face à cette situation, le gouvernement sud-africain cherche à attirer des opérateurs privés capables d’apporter des investissements, des technologies et une expertise opérationnelle. Le pari est clair : moderniser les infrastructures pour accroître les volumes de fret traités et améliorer la productivité des terminaux.
Cette réforme intervient alors que l’économie sud-africaine peine à retrouver un rythme de croissance soutenu. L’inefficacité persistante des infrastructures de transport constitue l’un des freins structurels à la compétitivité du pays.
Le Golfe accélère en Afrique
L’intérêt de RSGT pour Le Cap dépasse le seul cadre sud-africain. Il s’inscrit dans une offensive plus large des groupes du Golfe sur les infrastructures africaines.
Détenu en partie par le Fonds d’investissement public saoudien (PIF), RSGT fait partie de ces acteurs qui cherchent à renforcer leur empreinte dans la logistique, le transport maritime et les infrastructures portuaires du continent.
Pour Riyad, ces investissements répondent à une logique de diversification et de projection économique au-delà du marché domestique. Pour les pays africains, ils offrent une source de capitaux privés susceptible d’accélérer la modernisation d’infrastructures essentielles au commerce.
Au Cap, la possible arrivée de RSGT illustre ainsi une double dynamique : la volonté sud-africaine de réformer son système portuaire et l’appétit croissant des investisseurs du Golfe pour les corridors logistiques africains.

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