Téhéran refuse de revenir à la situation d’avant-guerre sur le statut de cette voie maritime et entend imposer à terme des frais de service, ce contre quoi les États-Unis s’opposent fermement. Le détroit d’Ormuz, enjeu majeur de la guerre au Moyen-Orient, restera verrouillé tant que Washington n’acceptera pas « toutes » les conditions posées par Téhéran, ont insisté dimanche 9 août les Gardiens de la révolution, éloignant l’espoir d’un règlement rapide du conflit.
« L’ennemi a concentré tous ses efforts sur l’ouverture du détroit d’Ormuz (…) et maintenant ce détroit est en réalité pour nous un théâtre de guerre et plus seulement une voie maritime », a martelé le corps des Gardiens, puissante armée iranienne. « Notre stratégie actuelle est de maintenir ce détroit fermé jusqu’à ce que l’ennemi accepte toutes nos conditions. »
Loin derrière le nucléaire et les missiles iraniens mis en avant fin février pour justifier l’offensive américano-israélienne, la réouverture de ce passage vital pour le commerce mondial des hydrocarbures est désormais la priorité numéro un de Donald Trump. Ces derniers jours encore, il n’a cessé de promettre que les négociations avançaient bien et que le déblocage était imminent.
Mais les conditions drastiques listées samedi par Téhéran laissent présager un bras de fer : les États-Unis doivent « mettre fin définitivement à la guerre et à l’agression » contre l’Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever le blocus imposé aux ports iraniens, « indemniser intégralement l’Iran pour les dommages causés » par les hostilités, lever les sanctions contre l’économie iranienne et débloquer « sans condition » les avoirs iraniens gelés.
Faute de quoi, « le détroit restera fermé », a averti le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohammad Bagher Zolghadr.
Nombre de ces dispositions figuraient dans le protocole d’accord irano-américain signé en juin, qui devait ouvrir la voie à des négociations plus larges pour mettre durablement fin au conflit et avait permis une brève réouverture d’Ormuz accompagnée d’un reflux des prix du pétrole — avant que le processus ne déraille.
« Échange de messages »
Tout en réfutant la tenue de négociations avec Washington — dont le président américain s’est plusieurs fois vanté —, le chef de la diplomatie iranienne a fait état dimanche d’« un échange de messages à travers des intermédiaires ».
« Ça ne s’appelle pas une négociation. Ça s’appelle échanger des messages », a argué Abbas Araghtchi. « Les intermédiaires essaient toujours de rétablir des bases de négociation. » Il a exclu de « reprendre les négociations tant que les violations américaines » du protocole d’accord ne cessaient pas.
L’Iran affirme ne dialoguer qu’avec Oman, l’autre riverain du détroit d’Ormuz, pour tracer un futur itinéraire de passage. Ces discussions en sont toujours à leur « phase finale », a indiqué M. Araghtchi — comme la veille. Téhéran refuse de revenir à la situation d’avant-guerre sur le statut de cette voie maritime et entend imposer à terme des frais de service, ce contre quoi les États-Unis s’opposent fermement.
Oman s’est limité à rapporter des discussions se déroulant « dans une atmosphère positive et constructive ». Sans désigner Téhéran, le ministère des Affaires étrangères omanais a toutefois condamné samedi « les attaques répétées » de navires dans la zone, après qu’un pétrolier de la compagnie nationale émiratie ADNOC y a été visé par un missile, tiré par l’Iran selon les Émirats.
Les bombardements américains ont, eux, cessé depuis plus d’une semaine. Mais Donald Trump avait conditionné cette suspension à la conclusion d’un accord rapide, laissant planer la menace de nouvelles frappes massives.
Avec AFP





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