Le chef de l’Etat guinéen, le Général Mamadi Doumbouya, entame ce mardi 17 juin, une visite officielle en Côte d’Ivoire, la première depuis son accession au pouvoir en septembre 2021. Un communiqué de la Présidence de la République, Conakry place cette visite «sous le sceau de l’unité, de la paix et du panafricanisme.» Au-delà de ces formules de convenance et de courtoisie, Abidjan et Conakry devraient aborder les dossiers économiques et politiques
A l’inverse des pouvoirs militaires à Bamako, Niamey et Ouagadougou, le président de la Transition en Guinée a choisi une stratégie fondée sur le pragmatisme. Ainsi, il entretient des relations cordiales avec tous ses voisins, dont la Côte d’Ivoire où sont réfugiés plusieurs leaders de l’opposition. Le président guinéen n’est pas non plus un partisan de la confrontation avec la Cédéao ou avec la France avec laquelle Conakry continue d’ailleurs de développer de nombreux partenariats.
Le choix de la Côte d’Ivoire pour la première sortie diplomatique dans la sous-région, tranche avec la posture des autres juntes. L’entourage du Général Doumbouya a toujours affirmé que « la Guinée n’avait que des intérêts à défendre, et qu’il n’était pas dans son intérêt à se chercher des ennemis.»
C’est sur le volet économique que cette première visite de Mamadi Doumbouya à Abidjan pourrait déboucher sur des avancées concrètes. La question énergétique figure parmi les priorités, dans une Guinée encore fragilisée par l’incendie de son principal dépôt d’hydrocarbures en 2023. La Côte d’Ivoire, qui s’était engagée à fournir 50 millions de litres d’essence par mois à Conakry, pourrait jouer un rôle majeur dans les projets d’intégration énergétique et du développement des connexions de réseaux électriques de pays de la sous-région.
La lutte contre la contrebande transfrontalière devrait aussi être abordée dans les échanges avec les dirigeants ivoiriens. Le trafic illicite du cacao ivoirien vers la Guinée est d’une telle ampleur, que le cacao est devenu le deuxième produit d’exportation de la Guinée derrière les minerais ! Ce fléau explique largement le faible volume officiel des échanges entre Conakry et Abidjan. En 2024, le commerce bilatéral était estimé à un peu plus de 79 millions de dollars, selon les données de l’OMC.
La relance de la Grande Commission mixte, à l’arrêt depuis dix ans, est également annoncée. Elle pourrait ainsi servir de levier pour accélérer les partenariats et la coopération entre les deux pays.

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