Tous les articles qui parlent de Alliance des Etats du Sahel (AES)

« La Russie a fait de son offre sécuritaire son principal levier de conquête, d'abord avec Wagner puis avec Africa Corps, auprès de régimes en quête de protection. Cette offre est aujourd'hui remise en cause par les résultats, le Sahel restant l'épicentre mondial du terrorisme. À l'inverse, elle n'a pas su bâtir d'offre économique, avec des investissements très faibles (moins de 1% des IDE entrants en Afrique) et des transferts de technologie quasi inexistants. Ses projets nucléaires et miniers restent pour l'essentiel au stade des protocoles. »

Présenté le 27 octobre à Abidjan dans le cadre de la table ronde organisée par Bloomfield, le rapport d'InterGlobe Conseils livre une évaluation sans complaisance des partenariats internationaux en Afrique de l'Ouest. En confrontant les discours politiques aux critères des investissements réels, des volumes d'échanges et des transferts de technologie, l'étude met en lumière le décalage entre le discours russe et la réalité du terrain, alors même que le sommet Russie-Afrique commence. Le rapport s'attarde également sur les spécificités des partenariats chinois, européen et américain

L'analyse systématique de 101 événements diplomatiques, économiques et sécuritaires survenus entre 2010 et 2026 révèle une asymétrie structurelle frappante. Le Maroc maintient un taux de coopération de 100 % avec l'ensemble du bloc sahélien (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad). L'Algérie, de son côté, affiche un taux global de 78 %, plombé par une rupture avec le Mali. Loin d'être un simple affrontement binaire, cette rivalité met en lumière deux modèles d'influence qui se concurrencent.

Longtemps cantonnée aux contentieux frontaliers et à la question du Sahara marocain, la rivalité entre le Maroc et l'Algérie a trouvé dans le Sahel en recomposition un nouveau champ de bataille géopolitique. Face au vide laissé par le retrait français et à la montée en puissance de la Russie, Rabat et Alger déploient des stratégies radicalement différentes. Entre l'offensive économico-diplomatique marocaine et le paradigme sécuritaire historique d'Alger, les États sahéliens apprennent désormais à instrumentaliser cette compétition à leur avantage. Il fut un temps où la rivalité entre le Maroc et l'Algérie se jouait principalement dans les couloirs de l'Union africaine ou sur la ligne de démarcation du Sahara marocain.

Le nouveau directeur général du Groupe intergouvernemental d'action contre le blanchiment d'argent en Afrique de l'Ouest (GIABA) n'aura pas droit à une longue période d'observation. Installé lundi 31 août à Dakar, Mam Cherno Jallow a immédiatement affiché ses priorités : renforcer les capacités techniques et financières des États membres, mais aussi celles du secrétariat du GIABA.

Dakar, 31 août 2026. Le Gambien Mam Cherno Jallow a officiellement pris la tête du GIABA, le gendarme ouest-africain de la lutte contre le blanchiment de capitaux. Désigné en juillet par les chefs d'État de la CEDEAO, il arrive à un moment stratégique pour l'institution, à l'approche d'un nouveau cycle d'évaluations mutuelles et alors que le périmètre régional vient de s'élargir à nouveau.

L'annonce, faite lors d'une conférence de presse conjointe à Moscou, marque une nouvelle étape dans la stratégie russe sur le continent. Au-delà des relations bilatérales, le Kremlin cherche désormais à inscrire son influence dans des cadres régionaux, à l'heure où la coopération sécuritaire figure parmi les priorités des États ouest-africains.

La Russie s'apprête à formaliser sa coopération avec la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), notamment dans le domaine sécuritaire. Annoncé lundi 17 août par le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à l'issue d'une rencontre avec son homologue ghanéen, Samuel Okudzeto Ablakwa, ce rapprochement intervient alors que le Sahel reste exposé à une menace jihadiste persistante et que les équilibres sécuritaires régionaux se recomposent.

Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, s'est rendu à Bamako, mardi 28 juillet, pour une visite d'amitié et de travail à l'invitation de son homologue malien, Assimi Goïta. Au cœur des échanges : la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans le Sahel et la nécessité de renforcer la coopération régionale face à la menace terroriste.

À peine investi de la présidence en exercice de la CEDEAO, Bassirou Diomaye Faye multiplie les initiatives diplomatiques. En déplacement à Bamako pour une visite de 24 heures, le chef de l'État sénégalais a affiché sa volonté de resserrer les liens avec le Mali d'Assimi Goïta autour des enjeux sécuritaires, économiques et de l'intégration régionale, dans un contexte marqué par les profondes recompositions du Sahel.

A sa descente de l'avion, Romuald Wadagni a été accueilli par son homologue, le chef de la junte Abdourahamane Tiani. Après une première visite la veille au Nigeria, Romuald Wadagni a consacré son deuxième déplacement au Niger et devait notamment aborder avec le général Tiani une relance de la coopération sécuritaire, les deux pays étant confrontés à des violences jihadistes récurrentes.

Le président élu du Bénin, Romuald Wadagni, a effectué ce mardi 2 juin, une visite de quelques heures au Niger, une première depuis la prise de pouvoir d'un régime militaire à Niamey en juillet 2023, qui laisse entrevoir une décrispation des relations très tendues entre les deux voisins. Le régime militaire de Niamey maintient sa frontière fermée avec son voisin béninois qu'il accuse d'être trop proche de Paris et de chercher à le déstabiliser.

La semaine dernière, dans la capitale libérienne, les gouverneurs des banques centrales de douze pays de la CEDEAO ont remis sur la table le dossier, maintes fois repoussé, de la monnaie unique ouest-africaine. Objectif affiché : 2027. Cette relance s’inscrit dans le prolongement du sommet d’Abuja de décembre 2025, où les chefs d’État avaient réaffirmé leur volonté d’accélérer la convergence budgétaire et monétaire. Mais derrière cet affichage volontariste, une phrase du communiqué de la présidence nigériane a profondément rebattu les cartes.

Réunis à Monrovia, les gouverneurs des banques centrales ouest-africaines ont relancé le projet d’Eco avec un calendrier ambitieux fixé à 2027. Mais une inflexion majeure se dessine : la première phase pourrait exclure les pays de l’UEMOA. Un scénario qui bouleverse l’équilibre historique du chantier monétaire et ravive les tensions entre impératif économique et ambition politique.