Après des mois de négociations sur le volet financier et technique, Royal Air Maroc (RAM) a signé, le 4 août 2026, un contrat avec Starlink, la filiale de SpaceX, pour équiper progressivement l’ensemble de sa flotte en Wi-Fi satellitaire. La couverture complète est visée pour 2027, un an plus tôt que les projections initiales. Au-delà du confort des passagers, la compagnie nationale marocaine fait de la connectivité en vol un outil de compétitivité face aux grands transporteurs européens, sur un hub de Casablanca en pleine expansion.
De 67 à 88 appareils : une flotte en pleine croissance
L’accord intervient dans l’une des phases d’expansion les plus soutenues de l’histoire de la compagnie présidée par Abdelhamid Addou. Pour la saison estivale 2026, RAM a programmé près de 8,2 millions de sièges, en hausse de 23 % sur un an, vers 86 destinations internationales, avec une flotte portée à 67 appareils . Selon Le360, elle vise 88 avions à l’horizon 2027. L’offre africaine progresse le plus vite : plus de 1,8 million de sièges, en hausse de 36 %, vers 29 destinations du continent . Dans ce contexte, équiper les cabines ne relève plus de l’accessoire : il s’agit de faire évoluer l’expérience à bord au même rythme que le réseau.
Sur les mêmes corridors qu’Air France
Le choix de Starlink change d’échelle par rapport aux améliorations ponctuelles de Wi-Fi déjà engagées par la compagnie, notamment sur ses Boeing 787. Il s’agit désormais de s’appuyer sur une constellation en orbite basse, capable d’une connexion à faible latence. Starlink équipe déjà Air France, qui a commencé à déployer à partir de 2025 un Wi-Fi très haut débit gratuit dans toutes ses cabines, avec l’objectif d’équiper la totalité de sa flotte fin 2026. Les deux compagnies se disputent les mêmes corridors entre l’Europe, le Maroc et l’Afrique de l’Ouest : RAM rejoint donc un écosystème technologique déjà présent sur ses propres lignes.
Une première africaine
La dimension continentale du contrat est aussi notable. Peu de compagnies africaines proposent une connectivité en vol : Ethiopian Airlines offre du Wi-Fi sur ses A350 via la bande Ka, une architecture différente de l’orbite basse de Starlink. En optant pour cette dernière, RAM se positionne sur une technologie en passe de devenir la référence du secteur. Le paradoxe est que Starlink n’a toujours pas de licence au Maroc : à fin mai 2026, le service était autorisé dans 29 pays africains, soit 54 % du continent, tandis que le royaume figurait parmi les marchés « à date inconnue. » La technologie d’Elon Musk s’installera donc d’abord dans le ciel marocain, à bord des avions de la compagnie nationale, avant peut-être de toucher le sol du pays. Une manière, pour RAM, de prendre de vitesse la concurrence continentale sur un terrain où l’Afrique part de loin.





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