Le groupe du milliardaire nigérian Aliko Dangote lancera le 14 septembre l’introduction en bourse de Dangote Petroleum Refinery, la société qui exploite sa méga-raffinerie de Lekki, près de Lagos. Objectif affiché : lever 1,6 milliard de dollars pour financer le doublement de sa capacité de production, qui passerait à 1,4 million de barils par jour d’ici à 2028. De quoi détrôner la raffinerie indienne de Jamnagar et faire du site nigérian la plus grande unité de raffinage au monde.
L’opération, autorisée par la Securities and Exchange Commission (SEC) du Nigeria, portera sur « 4,1 milliards d’actions ordinaires au prix de 525 nairas par action, ce qui pourrait permettre de lever environ 2 150 milliards de nairas en cas de souscription intégrale », soit 1,6 milliard de dollars, a indiqué le groupe dans un communiqué publié vendredi 4 septembre. Selon l’entreprise, cette entrée en Bourse « pourrait devenir l’une des plus importantes opérations sur les marchés financiers de l’histoire du Nigeria. »
Transformer le brut nigérian sur place
Mise en service en 2024, la raffinerie de Lekki est déjà la plus grande du continent. Sa capacité nominale est de 650 000 barils par jour, portée à 700 000 barils lors des tests de production, un niveau supérieur à la demande intérieure en carburant du Nigeria. Un paradoxe pour ce pays de plus de 240 millions d’habitants, premier producteur africain de pétrole brut, qui importait jusqu’ici la quasi-totalité de son carburant. Depuis quelques mois, le complexe a même commencé à exporter ses produits raffinés, vers plusieurs marchés africains et vers l’Europe.
L’ambition de Dangote dépasse les frontières nigérianes. En juillet, la raffinerie a bouclé un placement privé de 2,5 milliards de dollars, sursouscrit 3,7 fois, pour financer ses projets d’expansion. Le groupe prévoit en outre de construire une raffinerie de 700 000 barils par jour à Lamu, sur la côte kenyane, dont le lancement est annoncé pour le 30 septembre. En juillet, Aliko Dangote affirmait vouloir réduire « la dépendance de l’Afrique vis-à-vis des produits raffinés importés » et renforcer « la sécurité énergétique du continent. »
Un marché boursier porté par une dynamique record
Le contexte joue en faveur de l’opération. La Bourse de Lagos affiche l’une des meilleures performances mondiales : son indice de référence a gagné 72 % depuis le début de l’année, selon Bloomberg. Une dynamique qui devrait faciliter la souscription d’une offre de cette taille, d’autant que le groupe dit vouloir élargir son actionnariat aux investisseurs nigérians et africains, particuliers compris.
L’enjeu est aussi continental. L’Afrique importe actuellement plus de 70 % de ses carburants raffinés et dépense chaque année environ 230 milliards de dollars pour acheter à l’étranger des biens essentiels, dont des denrées alimentaires, des plastiques, de l’acier et des engrais, rappelait l’Africa Finance Corporation (AFC) dans un rapport publié en avril. À terme, la montée en puissance du complexe de Lekki et de sa réplique kényane devrait mettre cette dépendance à l’épreuve.
Avec AFP





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