Le 21 mai 2026, le gouvernement, à travers l’Abidjan Legacy Program (ALP) et l’ONG Agir pour l’Environnement dans les Industries Extractives (AEIE), a lancé un projet de restauration des terres dégradées. Il intègre la cartographie des zones affectées par l’orpaillage illégal et vise à appuyer les efforts de l’Exécutif pour lutter contre cette activité et restaurer le patrimoine naturel du pays, une priorité du président Alassane Ouattara.
Cette initiative s’inscrit dans le sillage du plan lancé en septembre 2026, qui fixe un délai de six mois pour éradiquer l’orpaillage clandestin.
Un partenariat stratégique pour la réhabilitation des terres dégradées
Lancé lors de la COP15 et officialisé par décret présidentiel, l’Abidjan Legacy Program (ALP) concrétise l’engagement de l’État en faveur de la restauration des terres dégradées. Sa collaboration avec l’ONG AEIE permet de mettre en œuvre sur le terrain les orientations environnementales du PND.
Un atelier de restitution s’est tenu le 27 août 2026 pour présenter les résultats de ce travail de cartographie conjoint, qui a localisé plus de 1 600 sites d’orpaillage clandestin. Il permettra de cibler précisément les futures interventions de réhabilitation environnementale. Cinq hectares ont déjà été réhabilités sur le site pilote de Papara, première étape d’un programme qui vise à restaurer 4 500 hectares d’ici 2030.
Supervisé par le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, le projet bénéficie du soutien financier de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Il associe restauration écologique et insertion professionnelle grâce aux Travaux à haute intensité de main-d’œuvre (THIMO), qui offrent aux jeunes des localités touchées des emplois verts et des perspectives de réinsertion durable.
Protéger les eaux et les forêts face à l’orpaillage illégal
En parallèle de la remise en état des sols, le gouvernement déploie la stratégie de gestion intégrée des ressources en eau (GIRE). Elle vise à protéger les lits des fleuves et à sécuriser l’approvisionnement en eau des populations face aux dégradations causées par l’orpaillage clandestin.
En mai 2026, le Centre ivoirien antipollution (CIAPOL) a alerté sur les menaces que cette activité fait peser sur les cours d’eau du pays. L’Exécutif a aussitôt engagé plusieurs mesures : déploiement de brigades fluviales, fermeture de sites illicites autour du lac de Kossou et campagnes de sensibilisation auprès des préfets.
Des projets d’aménagement des bassins hydrographiques, dont celui du Bandama, complètent ces interventions. Ils prévoient la réhabilitation de barrages et de retenues d’eau, notamment à Yamoussoukro, Daloa, Dimbokro et Lakota, pour stabiliser les sols riverains, réguler les débits et préserver la qualité des eaux de surface.
La protection des forêts repose également sur le Code forestier de 2019 et la politique de préservation, de réhabilitation et d’extension des forêts. Sur le terrain, la Brigade spéciale de surveillance et d’intervention (BSSI) veille à la protection du couvert forestier national. L’Exécutif a aussi ordonné d’affecter en priorité les agents de la nouvelle promotion des Eaux et Forêts aux zones les plus touchées par l’orpaillage clandestin. Ces actions s’inscrivent dans les engagements internationaux de la Côte d’Ivoire au titre de l’Accord de Paris sur le climat et des déclarations de la COP26 de Glasgow sur les forêts et l’utilisation des terres.
Engagement diplomatique contre l’orpaillage clandestin
La Côte d’Ivoire poursuit cette action sur le plan international. Lors de la COP17 sur la lutte contre la désertification, le président Alassane Ouattara a chargé la délégation ivoirienne de défendre la création d’une coalition africaine contre l’exploitation minière illégale et la dégradation des sols. Celle-ci vise à établir une cartographie géospatiale commune des bassins versants transfrontaliers pour mieux repérer les sites d’extraction illicites.
Cette mobilisation s’accompagne de financements importants. Le 3 juin 2026, le Conseil des ministres a approuvé trois accords conclus le 13 mars avec le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), pour un montant total de 11,9 milliards de francs CFA. Ces fonds financeront la protection et la restauration des écosystèmes du bassin du Niger, fortement exposés aux rejets toxiques et à l’ensablement liés aux activités extractives clandestines.


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