Les États-Unis veulent boucler en moins de douze mois la restructuration de la dette sénégalaise. Derrière cette échéance indicative, Washington voit l’occasion de tester l’efficacité du cadre commun du G20, alors que Dakar cherche à desserrer l’étau financier et à débloquer un financement de 2,2 milliards de dollars du FMI.
En marge des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Bangkok, Erin Browne, sous-secrétaire américaine au Trésor chargée des affaires internationales, a plaidé pour des négociations rapides et transparentes. « Nous voulons que cela se fasse rapidement, dans la transparence et avec la plus grande célérité possible », a-t-elle déclaré. Aucun calendrier officiel n’a été arrêté, mais l’administration américaine souhaite que les discussions aboutissent en moins d’un an.
Un test pour le G20
Créé en 2020, le cadre commun du G20 vise à coordonner les restructurations de dettes souveraines. Les retards accumulés dans les dossiers zambien et ghanéen ont toutefois nourri les critiques sur son efficacité. Pour Washington, le cas sénégalais pourrait démontrer que les procédures peuvent gagner en célérité.
Dakar joue contre la montre
La révélation, en 2024, d’emprunts non déclarés par la précédente administration a profondément rebattu les cartes. Les audits ont porté la dette publique estimée à environ 130 % du PIB, en intégrant notamment les engagements de certaines entreprises publiques et les emprunts garantis par l’État.
Pour accélérer les discussions, Dakar propose de répartir les négociations entre quatre groupes de créanciers : bilatéraux, détenteurs d’obligations, banques commerciales et institutions régionales de développement. Le Club de Paris aurait évoqué un accord possible sous six à neuf mois, sans confirmation publique à ce stade.
Le FMI en ligne de mire
L’issue du processus conditionne également la mise en œuvre d’un programme de financement de 2,2 milliards de dollars négocié avec le FMI. Le 14 octobre, sa directrice générale, Kristalina Georgieva, s’est montrée optimiste quant aux perspectives d’accord.
Reste à déterminer l’ampleur de l’allègement et la répartition de l’effort entre créanciers. Pour Dakar, l’enjeu est double : parvenir rapidement à un compromis et obtenir un traitement suffisamment favorable pour rétablir la soutenabilité de la dette. Pour Washington, le Sénégal pourrait aussi devenir un test grandeur nature de la réforme du dispositif international de restructuration souveraine.





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