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Tourisme: Un secteur sinistré au Maroc, au Sénégal et en Tunisie

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Au Sénégal, les pertes se chiffrent à plusieurs centaines de millions d’euros. En Tunisie, le taux de mortalité des entreprises de l’industrie hôtelière pourrait s’approcher de 70%, alors qu’au Maroc près d’une centaine d’établissement pourrait ne pas rouvrir. Jamais, un secteur d’activité a été si durement touché que celui du tourisme en cette année de Covid-19.

« Nous étions totalement confinés entre le mois mars et celui de juillet 2020, donc sans aucune activité », affirme un responsable dans un hôtel. « Mais, ajoute-t-il, même si nous avons repris depuis deux mois, notre établissement tourne au ralenti puisque pratiquement toutes les chambres sont fermées. Néanmoins nous faisons fonctionner nos deux restaurants qui nous permettent de couvrir nos charges opérationnelles ».

Ce témoignage traduit la réalité que vit le secteur touristique marocain, toutes filières confondues, le sinistre est général.


Lahcen Zelmat, Président de la Fédération nationale marocaine de l’industrie hôtelière (FNIH) est formel : « plus d’une centaine d’hôtels ne pourront pas rouvrir ». Selon lui, « Tout le secteur est à genoux aujourd’hui. 80% des établissements ont été contraints de fermer leurs portes durant cette période de crise sanitaire ».
Ce professionnel du tourisme qui s’en est ouvert à notre confrère l’Observateur affirme que « la réouverture dépend de plusieurs facteurs dont l’assouplissement des règles. Sinon, il y aura des faillites en cascade. Pour le moment, nous ne disposons pas de statistiques officielles, mais une chose est sûre, la situation est critique et plus de 100 hôtels ne pourront pas rouvrir leurs portes dans différentes villes. Qui dit fermeture définitive d’établissements, dit automatiquement, des centaines voire même des milliers emplois qui sont menacés ».

Qu’en est-il en Tunisie…

En Tunisie, pays qui recevait avant la crise annuellement plus d’une dizaine de millions de visiteurs, ce n’est guère mieux. En effet, pas plus tard que ce week-end, Habib Ammar, le ministre du Tourisme reconnaissait que : « On a enregistré une baisse dans les (revenus des) activités touristiques de 60% et on pourrait atteindre les 70% d’ici la fin de l’année 2020 ».

Selon lui, du 1er janvier au 20 septembre, le chiffre d’affaires global depuis le début de l’année n’a pas dépassé 1,56 milliard de dinars, soit à peine 461 millions d’euros, soit 60% de moins par rapport à la même période de l’année précédente.

Les nuitées aussi ont totalement fondu, puisque le pays enregistre près de 80% de moins sur cette période en comparaison à 2019, avec quelque 4,62 millions. Quant aux arrivées aux frontières elles ont atteint 1.714.500 au 20 septembre 2020 , à peine le quart de l’année dernière.

Plusieurs hôtels en difficulté au Sénégal

Au Sénégal, Mamadou Racine Sy, Président de la Fédération des organisations patronales de l’industrie touristique du Sénégal, dresse le même tableau. Selon lui, et malgré le soutien sans faille du gouvernement, le secteur hôtelier enregistre un manqué à gagner de 350 milliards de FCFA, soit quelque 520 millions d’euros de moins que le chiffre d’affaires d’une année normale.

C’est dire que, partout sur le continent l’impact est le même. Les acteurs du secteur risquent d’avoir beaucoup de mal à se relever et beaucoup risquent de connaître une fin définitive de leur activité.

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